Ukraine : Plus de huit millions de livres pour enfants détruits par des frappes russes, pénurie de manuels scolaires.

: Reportage

Plus de huit millions de livres pour enfants partis en fumée : l’Ukraine face à une pénurie de manuels scolaires après des frappes russes

Publié le 15/09/2026 à 17:12 | Mis à jour le 15/09/2026 à 17:12

Tout au long de l’été, Moscou a intensifié ses frappes sur les infrastructures logistiques ukrainiennes. Ces attaques ont conduit à la destruction de plus d’un tiers des livres imprimés en 2026, provoquant une grave pénurie dans le pays.

Les bombardements ont ciblé des entrepôts de grandes maisons d’édition ainsi que des imprimeries. En conséquence, plus de 12 millions de livres ont été réduits en cendres. À Kiev, l’un des festivals du livre les plus importants, prévu pour le 17 septembre, a dû être reporté.

Les dégâts sont particulièrement marqués dans le nord-est de l’Ukraine, à Kharkiv, souvent qualifiée de capitale du livre. L’entrepôt de 7 000 m² des éditions Ranok est désormais un amas de débris. Au cœur de l’été, deux drones ont frappé le bâtiment, sans faire de victimes.

Larissa Zoubkova, directrice de ce centre logistique, a témoigné : « L’incendie a duré sept jours ». Elle a décrit la scène dévastatrice, avec des livres atteignant le plafond. Au total, plus de huit millions de livres pour enfants et 620 000 manuels scolaires, prévus pour être livrés aux écoles le 1er septembre, ont été détruits.

Plus d’un mois après l’attaque, des tas de livres continuent de se consumer, ce qui représente une catastrophe pour l’économie du livre en Ukraine. Larissa Zoubkova a déclaré : « Toute la chaîne de production a été touchée : les écrivains, les dessinateurs, la typographie. Nous avons besoin de trois millions d’euros pour réparer tout ça en six mois. »

Dans le quartier de la station de métro Université à Kharkiv, Tetiana, responsable de la librairie KnigoLand, a ouvert son établissement il y a deux ans et demi, en pleine guerre. Elle observe avec tristesse les étagères qui se vident : « Il n’y a pas de nouveautés. C’est la pénurie. » Malgré ces défis, elle reste déterminée à maintenir son activité.

Ivan Markovitch, poète et écrivain, fondateur des éditions Ababalagamama, a également subi des pertes de 300 000 dollars après une frappe sur un entrepôt. Il évoque les 20 000 enfants enlevés par la Russie et ceux vivant en territoire occupé, dénonçant la russification forcée dans les écoles.

Cet été, la destruction des livres représente une perte non seulement matérielle mais aussi culturelle pour l’Ukraine, soulignant l’impact dévastateur du conflit sur l’éducation et l’identité nationale.

Source : Franceinfo

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