Une hausse vertigineuse
La contrainte de la dette sur les finances de l’Hexagone va considérablement s’accentuer d’ici 2030. C’est la sombre prévision dévoilée par l’institut privé d’études économiques, Rexecode, le 16 septembre, dont La Tribune a pu prendre connaissance en exclusivité.
D’ici à 2030, la charge d’intérêt devrait atteindre 4 % du PIB, soit 133 milliards d’euros. Anthony Morlet-Lavidalie, économiste chez Rexecode, souligne que cette augmentation représente un niveau inédit depuis l’entre-deux-guerres (1919-1939). En comparaison, la charge d’intérêt s’élèverait déjà à un peu plus de 2 % du PIB (environ 65 milliards d’euros) en 2026, selon les prévisions gouvernementales.
Depuis 2024, le poids de la dette dans la richesse nationale a augmenté à un rythme soutenu de 3 points de PIB par an. En 2026, la dette devrait atteindre 119 % du PIB, puis grimper à 121 % dès 2027. Rexecode anticipe un déficit de 5,3 % en 2026, le gouvernement ayant reconnu que la cible de 5 % ne serait pas atteinte cette année, et de 5,2 % en 2027.
L’Hexagone continue d’émettre chaque année une quantité croissante de dette sur les marchés, avec 310 milliards d’euros prévus en 2026, tout en devant se refinancer dans un contexte de hausse des taux d’intérêt. Le rendement de l’obligation française à 10 ans a récemment frôlé le taux de 4,5 %, un niveau qui n’avait plus été observé depuis la crise financière de 2008. David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, a déclaré que cette situation marque un changement de paradigme, précisant que la hausse des charges d’intérêt est due à la fois au renouvellement de la dette ancienne à des taux plus élevés et à la nouvelle dette émise.
Source : Rexecode, La Tribune

