De plus en plus d’enfants exclus de l’école
Rouyn-Noranda – Thomas, un garçon de 7 ans, vit une situation difficile. Diagnostiqué avec un trouble de l’opposition, il a du mal à réguler ses émotions, ce qui entraîne des comportements désorganisés, notamment lorsqu’il est contrarié. Cette année scolaire, ses parents ont été appelés à plusieurs reprises pour le récupérer, et Thomas a manqué des mois d’école. Selon sa mère, Marie-Julie Turgeon, enseignante en soutien pédagogique, cette situation a conduit à un « bris de scolarité prolongé ».
Les parents ont tenté de faire inscrire Thomas dans une école spécialisée, sans succès. Ce phénomène n’est pas isolé : le nombre d’élèves en situation de bris de scolarité au Québec a presque triplé, passant d’environ 1500 à près de 4000 entre 2021 et 2026. Ces élèves souffrent souvent de troubles de comportement graves, d’autisme ou de difficultés d’apprentissage.
Le ministère de l’Éducation du Québec souligne qu’il est essentiel d’analyser ces chiffres avec prudence, car l’interprétation de ce qu’est un bris de scolarité varie d’un centre scolaire à l’autre. En 2023, les plaintes pour ruptures de scolarisation ont doublé, avec un taux de fondement de 80 % pour ces plaintes, indiquant que la majorité des cas sont jugés légitimes.
La situation de Thomas est représentative d’un problème plus vaste. Les experts affirment que la banalisation des exclusions scolaires pourrait nuire aux droits éducatifs de nombreux enfants. Laurence Simard-Gagnon, professeure à l’Université du Québec à Rimouski, décrit ces élèves comme des « canaris dans la mine », signalant des problèmes systémiques sous-jacents dans le système éducatif.
Le ministère de l’Éducation prévoit de revoir sa collecte de données pour mieux comprendre cette problématique, en reconnaissant les limites méthodologiques de la définition actuelle du bris de scolarité.
Source : Radio-Canada
