Choisir son bébé : des avancées scientifiques pour corriger des anomalies génétiques

Choisir son bébé, réparer les erreurs de la nature

Choisir son bébé : La génétique à la croisée des chemins

Une publicité dans le métro new-yorkais a récemment attiré l’attention avec le slogan « Have your best baby ». Cette annonce, diffusée par Nucleus Genomics, une entreprise de biotechnologie fondée en 2022 par Kian Sadeghi, un universitaire de 21 ans, suggère que les couples en fécondation in vitro (FIV) peuvent choisir les caractéristiques de leurs enfants en analysant l’ADN des embryons.

Cette pratique n’est pas sans précédent. En France, un diagnostic préimplantatoire est déjà possible pour sélectionner des embryons ne portant pas certaines maladies génétiques, comme la maladie de Huntington. Ce processus permet aux parents d’avoir une descendance en bonne santé en évitant l’implantation d’embryons affectés par des mutations génétiques.

Nucleus Genomics propose une analyse complète de l’ADN embryonnaire à un coût de 10 000 dollars. Grâce aux avancées en séquençage de l’ADN, l’entreprise évalue 20 traits pathologiques et physiologiques, allant du risque de maladies comme le diabète de type 2 et la maladie d’Alzheimer, à des caractéristiques telles que la couleur des yeux et le quotient intellectuel. Kian Sadeghi a levé 32 millions de dollars auprès d’investisseurs privés pour développer ce projet.

D’autres entreprises, comme Genomic Prediction, offrent des services similaires en établissant des « scores polygéniques » pour évaluer la probabilité de traits génétiques. Toutefois, ces approches sont critiquées par la communauté scientifique, qui souligne leur efficacité limitée. En France, l’analyse de l’ADN à des fins personnelles reste interdite, la législation ne permettant ces analyses que dans des contextes médicaux ou juridiques.

Peut-on modifier des gènes embryonnaires ?

Une autre voie explorée pour prévenir les maladies génétiques consiste à modifier directement les gènes embryonnaires grâce à la technologie CRISPR-Cas9. Cette méthode, qui a valu le prix Nobel de chimie à Emmanuelle Charpentier et Jennifer Doudna en 2020, permet de modifier l’ADN à un stade précoce du développement embryonnaire. Cependant, cette technique soulève des préoccupations éthiques et scientifiques, notamment le risque de modifications imprévues dans le génome.

Des cas controversés, comme celui du chercheur chinois He Jiankui, qui a modifié des embryons pour conférer une résistance au VIH, illustrent les dangers et les implications éthiques de telles manipulations. He a été exclu de son université et incarcéré pour avoir agi sans approbation éthique.

Pourquoi ces réticences ?

Les préoccupations autour de l’édition génétique incluent les risques de modifications hors cible, où des séquences non visées de l’ADN peuvent être altérées, entraînant des conséquences imprévisibles pour la santé des individus. Bien que des avancées aient été réalisées pour améliorer la précision de ces techniques, leur application clinique reste limitée et controversée.

En 2025, une étude a rapporté le traitement d’un nouveau-né atteint d’une maladie rare grâce à une modification génétique. Bien que les résultats aient été prometteurs, cette méthode nécessite des ressources considérables et soulève des questions éthiques sur l’avenir de l’édition génétique chez les humains.

La meilleure stratégie pour éviter les problèmes de santé liés aux anomalies génétiques semble donc être le choix des embryons, fondé sur une analyse ADN rigoureuse.

Source : Nucleus Genomics, études scientifiques sur l’édition génétique.

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