G7 d’Évian : Emmanuel Macron efface le climat de l’agenda pour « ne pas fâcher » Donald Trump

G7 d’Évian : Emmanuel Macron efface le climat de l’agenda pour « ne pas fâcher » Donald Trump

15 juin 2026 à 07h05

Le sommet du G7 d’Évian-les-Bains, qui se déroule du 15 au 17 juin, suscite des critiques sur l’absence de discussions sur le climat. Fanny Petitbon, responsable France de l’ONG 350.org, a exprimé le mécontentement des organisations de la société civile en déclarant : « Vous l’aurez compris, nous ne sommes pas très fans de ce G7. »

Présidé par la France, le forum réunit les principales puissances économiques mondiales, dont les États-Unis, le Canada, le Japon, le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Italie. Cette année, l’accent est mis sur la réduction des « déséquilibres mondiaux ». Cependant, de nombreux enjeux environnementaux critiques sont absents de l’agenda, comme l’ont souligné six ONG lors d’une conférence de presse à Paris, dont le Réseau Action Climat et Oxfam France.

Anne Bringault, directrice des programmes au Réseau Action Climat, a affirmé que ce G7 sera « celui où le climat aura été un tabou total », critiquant Emmanuel Macron pour avoir choisi de ne pas froisser Donald Trump, connu pour ses positions climatosceptiques. Elle a ajouté que la France a « choisi de nier totalement l’urgence climatique », minimisant ainsi les impacts sur les populations vulnérables.

Alan Anic d’Oxfam France a également noté que la présence du président américain permet aux autres pays du G7 de justifier leur inaction : « La France et les autres pays du G7 utilisent la participation des États-Unis comme prétexte à leur propre inaction. Or, rien ne les empêche de formuler des engagements. »

Les ONG pointent également des questions urgentes, telles que la réduction de l’aide publique au développement, qui a connu une baisse historique de 48 milliards de dollars entre 2024 et 2025, ainsi que la crise de la dette touchant de nombreux pays du Sud. Elles appellent les membres du G7 à faire preuve de « courage » sur ces sujets.

Sur la crise énergétique liée à la guerre en Iran, Fanny Petitbon a souligné qu’il est urgent de développer un plan de sortie des énergies fossiles, tout en critiquant la dépendance aux hydrocarbures qui profite à certaines entreprises au détriment des ménages.

Oxfam a révélé que 41 milliardaires de l’énergie du G7 ont vu leur fortune augmenter de 23,5 milliards de dollars depuis le début de la guerre en Iran, tandis que les bénéfices des six plus grandes compagnies pétrolières devraient augmenter de 80 % par rapport aux prévisions d’avant-guerre.

Les ONG estiment qu’il est essentiel d’implémenter des mes pour protéger les populations de la crise actuelle et recommandent de soutenir des mécanismes onusiens, jugés plus équilibrés.

Ce G7, selon les critiques, illustre l’inefficacité croissante de ce forum face aux défis contemporains, notamment en matière de climat et de justice sociale.

Source : Oxfam, Réseau Action Climat, 350.org

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