États-Unis : les prisons privées attirent des investissements croissants malgré les critiques.

Etats-Unis : prisons privées, le nouveau marché

Prisons privées aux États-Unis : un marché en pleine expansion

En 2025, CoreCivic et GEO Group, les deux principaux acteurs du secteur des prisons privées aux États-Unis, ont généré un chiffre d’affaires combiné de 4,8 milliards de dollars. Ce boom économique est en grande partie attribué à la politique d’expulsion massive mise en œuvre par l’administration Trump, qui a établi un quota d’arrestations, faisant bondir l’action de CoreCivic de 82 % en une seule semaine.

Le marché des prisons privées est dominé par ces deux entreprises cotées en bourse. CoreCivic, fondée en 1983 et anciennement connue sous le nom de Corrections Corporation of America, a son siège à Brentwood, Tennessee, et a réalisé un chiffre d’affaires de 2,2 milliards de dollars en 2025. De son côté, GEO Group, basé à Boca Raton, en Floride, a vu son chiffre d’affaires atteindre 2,6 milliards de dollars, le plus élevé de son histoire, avec un portefeuille comprenant 95 établissements totalisant environ 75 000 lits, et des opérations aux États-Unis, en Australie et en Afrique du Sud.

Actuellement, environ 8 % des prisonniers d’État et fédéraux américains sont détenus dans des établissements privés. Cependant, ce chiffre ne reflète pas entièrement la réalité, car un pourcentage beaucoup plus élevé de migrants est placé en rétention dans des structures privées sous l’égide de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE).

L’élection de Donald Trump en novembre 2024 a profondément modifié le paysage carcéral. L’action de CoreCivic, évaluée à 13,19 dollars le 4 novembre 2024, a grimpé à 23,94 dollars en une semaine, conservant une hausse d’environ 40 % un an plus tard. Les revenus de CoreCivic issus de l’ICE ont plus que doublé en un an, passant de 120 millions à 244 millions de dollars. Le nombre d’immigrants détenus par CoreCivic a également augmenté de 60 % en 2025, atteignant plus de 16 000 personnes.

Dans cette dynamique, CoreCivic et GEO Group ont chacune contribué à hauteur de 500 000 dollars au comité d’investiture de Trump en janvier 2025, un montant doublé par rapport à 2017. Les deux entreprises ont également investi des millions en lobbying pour influencer les politiques publiques en matière de détention.

Le travail des prisonniers, souvent rémunéré à des taux très bas, représente une part significative de l’économie carcérale. En 2021, la valeur des biens et services produits par les prisonniers américains a été estimée à plus de 2 milliards de dollars, bien que ces travailleurs ne constituent qu’un petit pourcentage de la population carcérale totale.

Le modèle américain de privatisation carcérale s’exporte également, avec GEO Group gérant des établissements en Australie et en Afrique du Sud. Les contrats australiens de GEO génèrent des revenus annuels estimés à plus de 200 millions de dollars.

Cette situation soulève des questions sur la marchandisation de la fonction régalienne et pourrait avoir des répercussions sur les politiques pénales et migratoires dans d’autres pays confrontés à des défis similaires.

Source : Revue Conflits

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