La probabilité d’un choc à l’Est face à la Russie est de plus en plus forte

Au salon de défense Eurosatory, qui s’ouvre ce lundi 15 juin, l’accent est mis sur les drones et l’expertise ukrainienne, avec 80 sociétés ukrainiennes présentes, contre seulement dix lors de l’édition précédente en 2024. Cet événement, qui se déroule jusqu’à vendredi à Villepinte, près de Paris, se tient dans un contexte où l’Europe se prépare à une guerre potentielle sur son sol.

Les démonstrations dynamiques réservées à la presse ont illustré les enjeux d’un conflit de haute intensité. « Nous nous préparons à vivre un combat du type de celui que mènent très courageusement les Ukrainiens », a déclaré le général Philippe de Montenon, commandant des forces et des opérations terrestres pour l’Europe. Charles Beaudouin, commissaire du salon et ancien haut responsable de l’Armée de terre française, a souligné la « potentialité » d’une « fenêtre d’opportunité » pour Vladimir Poutine de lancer une offensive ailleurs en Europe, alors que le front ukrainien semble se stabiliser.

Concernant les équipements, le général de Montenon a noté que « la probabilité d’un choc à l’Est face à la Russie est de plus en plus forte » et a affirmé que « notre priorité est d’être prêts pour ce choc, dès ce soir ». Il a ajouté que ce type de combat est « extrêmement consommateur de munitions et de vies humaines », tout en étant « dronisé, robotisé, numérisé ».

À Eurosatory, les drones sont omniprésents dans les démonstrations. Les chars, confrontés à la menace des drones bon marché en Ukraine, sont dotés de cages de protection. Les systèmes antidrones sont de plus en plus présents, selon Mathieu Dumontet de Rheinmetall Canada, qui a souligné que le char n’est « pas obsolète » s’il est accompagné de systèmes autonomes.

En France, l’armée de Terre, qui comptait 4 000 drones à la fin de 2025, est en train d’en acquérir 14 000, un nombre jugé suffisant pour entraîner les soldats. Chaque brigade a désormais une cellule dédiée à la formation des opérateurs de drones.

L’expertise ukrainienne est très recherchée, et les 80 sociétés présentes au salon présenteront des drones, des systèmes robotisés et des missiles de frappe, éprouvés dans le conflit contre la Russie. Charles Beaudouin a mentionné que les Ukrainiens sont « tellement en avance qu’on ne peut que les copier ».

Les partenariats avec les Ukrainiens restent toutefois rares, particulièrement en France. Récemment, Airbus s’est associé à SkyFall, un pionnier ukrainien des drones, pour combiner expertise européenne et technologies de drones éprouvées sur le terrain.

Les entreprises israéliennes, quant à elles, sont autorisées à exposer des systèmes de défense, malgré une interdiction de participation en 2024. Le système de défense antimissile « Iron Dome » sera présenté, répondant à des besoins croissants en matière de défense.

Le salon Eurosatory témoigne ainsi d’une Europe en pleine réflexion sur sa sécurité et ses capacités de défense face aux menaces potentielles.

Source : AFP

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