Les transferts d’argent de la diaspora vers l’Afrique atteignent des niveaux record.

En dix ans, les transferts d'argent de la diaspora en Afrique ont explosé - Afrique économie

Les transferts d’argent vers l’Afrique atteignent 124 milliards de dollars en 2025

Les transferts d’argent effectués vers l’Afrique ont connu une augmentation significative, atteignant 124 milliards de dollars en 2025, soit une hausse de 86 % par rapport à il y a dix ans, selon une étude récente du Fonds international de développement agricole (Fida). Cinq pays, à savoir l’Égypte, le Nigéria, le Maroc, l’Éthiopie et le Kenya, reçoivent 75 % de ces transferts, tandis que d’autres régions, notamment l’Afrique de l’Ouest, affichent également une croissance notable.

Dans des quartiers comme la Goutte-d’Or à Paris, les agences de transfert d’argent sont en plein essor. Par exemple, dans une petite boutique de la rue Doudeauville, un client nommé Mohamed, boucher de profession, transfère régulièrement de l’argent vers le Sénégal. Il souligne l’importance de ces envois pour soutenir sa famille, notamment pour des soins médicaux.

Les flux d’argent de la diaspora en Afrique de l’Ouest ont explosé ces dernières années, avec une augmentation de 65 % au Sénégal et de 417 % en Côte d’Ivoire. Luc Kpenou, consultant en systèmes de paiement et services digitaux, explique que l’essor du mobile money a facilité les transferts, en rendant les services financiers plus accessibles, même pour ceux qui ne sont pas bancarisés. La concurrence accrue entre les prestataires de services a également contribué à réduire les coûts.

Ces transferts représentent parfois jusqu’à un quart du PIB de certains États, comme les Comores, la Gambie ou le Liberia. Frédéric Ponsot, expert du Fida, considère cette dépendance comme un facteur stabilisateur pour les économies locales. Il note que, en période de crise, les migrants sont souvent prêts à faire des sacrifices pour soutenir leurs familles restées au pays.

Cependant, un défi persiste : l’interopérabilité des systèmes de transfert, car la majorité des flux migratoires sont intra-africains. Les coûts des transferts d’argent, qui atteignent en moyenne 7 %, font de l’Afrique la région la plus chère pour ce type de service.

Source : Fonds international de développement agricole (Fida)

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