Les femmes ne sont pas à l’abri du sexisme dans les grandes entreprises européennes
Les inégalités salariales persistent à tous les niveaux
Un écart salarial qui se réduit trop lentement
En 2024, l’écart salarial entre les femmes et les hommes atteignait 11 %. Cet écart diminue lentement puisqu’il était de 16 % en 2014. À ce rythme, il ne sera pas résorbé avant encore trente ans. « Nous ne pouvons pas laisser une nouvelle génération de femmes être sous-payées et sous-estimées », déclare Sandra Lhote Fernandes, responsable Justice de genre chez Oxfam France.
Un manque persistant de transparence
Pour évaluer les entreprises, Oxfam a analysé à la fois les écarts salariaux ajustés et non ajustés. Les écarts ajustés permettent de mer si les salarié·es reçoivent un salaire égal pour un travail comparable, en tenant compte de facteurs tels que le niveau d’éducation, les compétences, l’ancienneté, le poste ou l’expérience. En revanche, les écarts non ajustés comparent les revenus globaux des femmes et des hommes sans corriger ces différences, reflétant ainsi les inégalités structurelles qui orientent les femmes vers des postes moins rémunérateurs.
En 2024, 49 des 100 plus grandes entreprises européennes n’avaient toujours pas publié de données sur leur écart de rémunération entre les femmes et les hommes. Pour les 51 entreprises ayant publié ces données, l’écart moyen non ajusté atteignait 10,7 %, proche de la moyenne européenne de 11 %. Cela signifie qu’en moyenne, les hommes gagnaient près de 11 % de plus que les femmes. Les écarts les plus élevés ont été observés chez Deutsche Bank (38,8 %), BNP Paribas (35 %) et Talanx (32,1 %). À l’inverse, des entreprises comme Unilever et Novartis affichaient un écart salarial négatif, favorisant les travailleuses.
Un écart encore plus important au sommet
Le plafond de verre est particulièrement difficile à briser aux plus hauts échelons des entreprises. Entre 2022 et 2024, la rémunération moyenne des PDG masculins s’élevait à 5,9 millions d’euros, contre 4,8 millions d’euros pour les PDG féminines, ce qui signifie que les PDG masculins gagnaient 22,9 % de plus que leurs homologues féminines. Cet écart est plus de deux fois supérieur à l’écart salarial moyen non ajusté observé dans l’Union européenne (11 %).
Source : Oxfam France.

