Vaut-il mieux manger bio ou local ?
Depuis quelques années, les commerces de proximité se multiplient et proposent de plus en plus de produits bio ou locaux. Ce phénomène soulève la question des avantages de chacune de ces options.
Le terme « locavorisme », qui combine « local » et le suffixe « vore » signifiant « avaler », désigne ceux qui choisissent de consommer des aliments produits à proximité de leur domicile, plutôt qu’à l’autre bout du monde. L’une des principales motivations est de réduire l’impact environnemental lié au transport des denrées alimentaires, qu’il soit effectué par camion, bateau ou avion.
Cependant, des études montrent que le transport a un impact relativement faible sur le bilan carbone des aliments. Nicolas Bricas, chercheur au Cirad, précise que « la distance parcourue par les aliments jusqu’à notre assiette ne pèse pas beaucoup sur les émissions de gaz à effet de serre ». En effet, selon certaines sources, les émissions liées au transport représentent seulement entre 6 et 14 % du bilan total d’un produit alimentaire. Ainsi, un choix éclairé sur le type d’alimentation — préférant par exemple le porc ou la volaille au bétail, ou encore les légumes et légumineuses — peut avoir un impact plus significatif sur l’empreinte carbone.
La question centrale est donc de savoir ce qui détermine les émissions de gaz à effet de serre des aliments. Selon Bricas, les conditions de production jouent un rôle majeur : l’utilisation d’engrais et de céréales pour nourrir les animaux est déterminante. Les engrais azotés, par exemple, libèrent du protoxyde d’azote, un gaz à effet de serre beaucoup plus puissant que le CO2.
Le locavorisme gagne en popularité, car il favorise les producteurs locaux et contribue à la résilience alimentaire. En cas de crise, comme celle observée durant la pandémie de Covid-19, produire à proximité garantit un approvisionnement alimentaire même si les chaînes logistiques sont perturbées.
D’un autre côté, l’alimentation biologique présente des avantages distincts. Les agriculteurs bio utilisent généralement moins d’engrais azotés, ce qui est bénéfique pour l’environnement. De plus, la production bio contribue à la biodiversité en évitant les pesticides nocifs. Les aliments bio sont souvent perçus comme plus nutritifs, contenant plus de vitamines et d’antioxydants, ce qui peut également avoir des implications pour la santé.
En conclusion, choisir entre bio et local dépend des priorités de chaque consommateur. Les deux approches ont des bénéfices écologiques, mais elles répondent à des préoccupations différentes. Selon Bricas, il est également possible de conjuguer les deux en optant pour des produits bio locaux.
Source : Franceinfo

