Niger : la junte militaire renforce son contrôle face aux tensions internes croissantes.

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Au Niger, la junte militaire resserre les rangs

Le chef de la junte militaire nigérienne, Abdourahamane Tiani, a récemment procédé à un remaniement significatif de la hiérarchie militaire, quelques semaines après une mutinerie au sein des forces spéciales, survenue les 28 et 29 août derniers. Ce remaniement a conduit à l’éviction du général Moussa Salaou Barmou, qui occupait le poste de chef d’état-major des armées depuis août 2023. Barmou avait précédemment dirigé le Bataillon de renseignement et de surveillance (BRS), impliqué dans le coup d’État.

Selon une source proche des milieux sécuritaires, Tiani semble tenir Barmou pour responsable de la mutinerie, le BRS étant historiquement lié à lui. Plusieurs membres de cette unité ont été arrêtés suite à ces événements. Pour le remplacer, Tiani a nommé le général de brigade Mamane Sani Kiaou, ancien chef d’état-major de l’armée de terre et considéré comme proche de Tiani.

Mieux contrôler la chaîne de commandement

Ce remaniement représente un bouleversement majeur dans la chaîne de commandement militaire depuis la prise de pouvoir de Tiani. Il illustre également les tensions au sein de la junte, notamment avec le limogeage de Barmou. En l’absence d’une déclaration publique de Tiani sur les incidents d’août, cette réorganisation semble être une réponse visant à resserrer les rangs autour d’officiers jugés fiables et à reprendre le contrôle d’une chaîne de commandement dont la loyauté a récemment été mise à l’épreuve.

La nomination de Kiaou est perçue comme une tentative de rétablir une structure hiérarchique stricte et de garantir une fidélité inébranlable au sommet de l’État.

Rapprochement entre Alger et Bamako

Par ailleurs, le rapprochement entre le Mali et l’Algérie est également à l’ordre du jour. Trois semaines après la visite du chef du gouvernement malien à Alger, le Premier ministre algérien, Sifi Ghrieb, a visité Bamako avec une délégation importante. Cette rencontre se concentre sur des enjeux économiques, avec des discussions sur divers secteurs d’investissement, allant des ressources minières à l’agro-industrie.

Un point central de cette coopération est la relance du projet de route transsaharienne, un corridor de près de 4 800 kilomètres reliant Alger à Lagos via Bamako, dont 90 % est achevé du côté algérien. Cependant, le tronçon reliant Gao à Tamanrasset, en territoire malien, reste à finaliser.

Ce rapprochement entre l’Algérie et le Mali se renforce au moment où les deux pays cherchent à mutualiser leurs efforts dans la lutte contre l’insécurité terroriste, soulignant la nécessité d’une coopération étroite sur le plan économique et sécuritaire.

Sources : Jeune Afrique, Sahel Horizon, Maliweb, Sahel Tribune.

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