Énergie : une hausse des prix qui essouffle la croissance économique
La fermeture du détroit d’Ormuz en février 2026 a déclenché une flambée des prix de l’énergie qui fragilise l’industrie française. Avec un prix du gaz multiplié par 1,5 et le baril de Brent à plus de 100 dollars, les secteurs du papier, du verre et de l’automobile voient leur consommation énergétique chuter drastiquement, menaçant leur compétitivité et leur survie.
La flambée énergétique frappe de plein fouet l’appareil productif français
Depuis le début de l’année 2026, l’industrie française traverse une tempête d’une rare intensité. La fermeture du détroit d’Ormuz en février, consécutive aux frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, a bouleversé les équilibres énergétiques mondiaux. Ce goulet d’étranglement stratégique, par lequel transite environ un cinquième des flux mondiaux de gaz naturel liquéfié, a provoqué une onde de choc dont les répercussions se font sentir jusqu’au cœur des zones industrielles hexagonales. Le baril de Brent a franchi le seuil symbolique des 100 dollars le 9 septembre dernier, contre 70 dollars avant l’embrasement géopolitique, tandis que le prix spot du gaz français a atteint 76,30 euros par mégawattheure en septembre, un sommet inédit depuis février 2023.
Des secteurs industriels au bord de l’asphyxie
La crise énergétique actuelle agit comme un révélateur impitoyable des fragilités sectorielles. Comme le souligne Thérèse Sliva-Marion, responsable gaz au sein du CLEEE, organisation représentant les industriels gros consommateurs d’énergie : « Les industries du papier et du verre figurent parmi les secteurs très exposés aux prix de l’énergie et qui peinent à rester compétitifs. » La facture énergétique moyenne s’est envolée de manière spectaculaire. Alors que le prix spot du gaz oscillait autour de 32,60 euros par mégawattheure en début d’année, la moyenne s’établit désormais à 51,11 euros depuis février, soit une augmentation de près de 57%. Cette envolée comprime inexorablement les marges bénéficiaires des entreprises les plus énergivores, les plaçant dans une situation de compétitivité dégradée face à leurs concurrents internationaux.
Une décrue structurelle de la consommation gazière industrielle
Au-delà de l’urgence conjoncturelle, les données révèlent une transformation profonde du paysage énergétique industriel français. La consommation totale de gaz par l’industrie hexagonale a chuté de près de 32% entre 2019 et juillet 2026, passant à 57 térawattheures. Les gestionnaires de réseaux anticipent une poursuite de cette tendance. Un porte-parole de Teréga, opérateur régional, estime que « le recul de la demande devrait s’accentuer d’ici la fin de l’année ».
Perspectives sombres et impératif d’adaptation
Les stratèges du secteur énergétique tablent sur une stabilisation progressive des prix autour de 50 euros par mégawattheure dans les prochains mois, sous réserve d’une désescalade au Moyen-Orient. Toutefois, cette prévision demeure hautement conditionnelle et ne garantit nullement un retour aux niveaux tarifaires d’avant-crise. Pour nombre d’entreprises industrielles françaises, le compte à rebours a commencé.
Source : NaTran, CLEEE, Teréga

