À Arles, l’obsession de Pooya Abbasian pour les fleurs se fait métaphore politique
Lauréat du Prix Art & Environnement 2025 décerné par Lee Ufan Arles et la maison Guerlain, Pooya Abbasian restitue sa résidence en Camargue. Artiste pluridisciplinaire, il s’exprime à travers la vidéo, la photographie, le dessin, les projections et les installations. Abbasian évoque avoir « une obsession » pour les fleurs, un terme qui traduit une approche de recherche empirique et approfondie. « Pour moi, les fleurs révèlent des histoires de transition qui rejoignent celles que j’ai pu vivre en expérimentant deux cultures ou pays, deux états d’être dans cette nécessité constante de s’adapter à son environnement », précise-t-il.
Après avoir quitté son Iran natal, Abbasian s’installe à Paris en 2011, où il filme une communauté de migrants à Saint-Denis. Il y observe des plantes sauvages qui lui rappellent celles du jardin de sa grand-mère à Téhéran, les utilisant comme métaphore de l’exil. L’artiste souligne que tout dans son travail est politisé, surtout lorsqu’on grandit au Moyen-Orient. Ses résidences en France, au Japon et en Grèce nourrissent son approche, lui permettant de se laisser surprendre par de nouveaux milieux.
Concernant son expérience en Camargue, il s’est interrogé sur ce que cette région, souvent perçue comme touristique, pourrait lui apporter. « C’est alors que j’ai découvert l’histoire du baccharis, une plante invasive dont on tente de se débarrasser », indique-t-il, établissant un parallèle avec certaines populations et situations sociales. Cette immersion dans le littoral, combinée à des heures passées à suivre les actualités en Iran, lui permet de mêler des captures d’écran de ciels en guerre à des tirages haute définition de fleurs, créant ainsi une œuvre qui interroge la mémoire des lieux et du temps.
La résidence de Pooya Abbasian à Arles, intitulée « Soli-Sombre », se poursuit jusqu’au 4 octobre à l’Atelier MA, 16, rue Vernon, 13200 Arles.
Source : Connaissance des Arts
