Mali : l’opposant Ismaël Sacko dénonce la « stratégie de terreur » des autorités de transition
Au Mali, une série d’enlèvements d’opposants politiques par la Sécurité d’État a été signalée depuis près d’un mois et demi. Dans la nuit du 2 au 3 mai, Mountaga Tall, avocat engagé pour la démocratie, a été enlevé chez lui par des individus armés et encagoulés. Le lendemain, Moussa « Abba » Djiré, président de « Yiriwa 223 », a subi le même sort, suivi le 4 mai par Youssouf Daba Diawara, proche de l’imam et opposant en exil Mahmoud Dicko. D’autres personnalités politiques, militaires et religieuses ont également été enlevées dans des circonstances similaires, toutes étant détenues dans des lieux inconnus, en dehors de toute procédure légale.
Ismaël Sacko, opposant en exil et président du PSDA, aujourd’hui dissous, ainsi que membre de la Coalition des forces pour la République (CFR), a dénoncé ce qu’il appelle « une stratégie de terreur ». Il affirme que les autorités de transition cherchent à « étouffer tout débat et toute contradiction » par le biais de ces enlèvements.
Le 1er mai, la justice militaire avait annoncé enquêter sur des soupçons de complicité liés à une série d’attaques menées le 25 avril par des jihadistes du Jnim (Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans) et par des indépendantistes du FLA (Front de libération de l’Azawad). L’assassinat du ministre de la Défense, le Général Sadio Camara, a provoqué une onde de choc au sein de la population, tandis que les groupes armés ont pris le contrôle de la ville de Kidal, dans le nord du pays.
Dans son communiqué, le procureur militaire a mentionné que « certains hommes politiques » étaient concernés par l’enquête. Cependant, les autorités politiques et judiciaires demeurent silencieuses sur cette enquête et sur les enlèvements. Sacko souligne que les autorités tentent de faire porter la responsabilité de ces événements aux acteurs politiques, sans fournir de preuves tangibles pour lier ces opposants aux attaques.
Il conclut en affirmant que l’opposition politique s’organise pour éveiller la conscience des Maliens face à une gouvernance jugée défaillante et une transition sans cap.
Source : RFI
