Madagascar renforce le contrôle des importations d’hydrocarbures pour stabiliser le marché.

Madagascar: l’État veut reprendre la main sur les importations d’hydrocarbures

Madagascar : L’État reprend le contrôle des importations d’hydrocarbures

Publié le : 15/09/2026 – 09:36

À Madagascar, les quatre principaux distributeurs de carburant ne sont plus les seuls responsables de l’achat et de l’importation de produits pétroliers. Depuis un mois, la State Procurement of Madagascar (SPM) as également l’approvisionnement en pétrole de la Grande Île. Une loi entrée en vigueur début août stipule qu’elle deviendra la seule entité chargée de l’importation d’hydrocarbures à l’issue d’une période transitoire dont la durée n’a pas été précisée.

Ce nouveau système donne à l’État la latitude de choisir ses fournisseurs et de négocier les prix. Cependant, cette initiative suscite des inquiétudes parmi les sociétés pétrolières opérant dans le pays, qui évoquent une « perte d’autonomie stratégique » et une « forme de nationalisation de facto du secteur », selon un document du Groupement pétrolier de Madagascar.

Depuis plus de 25 ans, les sociétés pétrolières choisissaient leurs fournisseurs via un appel d’offres ouvert. Dorénavant, elles devront s’approvisionner directement auprès de la SPM, une société étatique créée en 2019, initialement active dans l’achat de riz. Les autorités justifient ce changement par la recherche de prix plus compétitifs sur le marché international.

Un expert des questions énergétiques, qui a souhaité garder l’anonymat, a exprimé des doutes quant à la viabilité de cette initiative, soulignant que « la SPM présente seulement 100 millions d’ariary de capital, soit 20 000 euros », et que des traders comme Aramco ou Vitol pourraient imposer des marges supplémentaires, étant donné que cette entité n’a jamais importé de pétrole. Les risques financiers, qui étaient auparavant répartis entre plusieurs importateurs privés, se concentreront désormais sur cette unique société.

La loi impose également aux distributeurs traditionnels de reprendre leurs importations en cas de défaillance de la SPM, soulevant des craintes de rupture d’approvisionnement. Le Groupement pétrolier de Madagascar a averti que « la reconstitution de chaînes d’approvisionnement internationales nécessiterait des délais incompatibles avec les besoins du marché », car les opérations d’importation doivent être planifiées plusieurs mois à l’avance.

Un autre enjeu majeur concerne l’origine du carburant importé, surtout dans le contexte du rapprochement entre Antananarivo et Moscou. Bien que Vladimir Poutine ait évoqué des domaines de coopération énergétique avec Madagascar, les sociétés pétrolières sur l’île sont interdites de vente de pétrole russe en raison des sanctions internationales. Le Groupement pétrolier de Madagascar a également souligné que plusieurs clients stratégiques, tels que les compagnies aériennes et les grands groupes miniers, exigent des normes élevées de traçabilité et de conformité. Cela pourrait rendre les produits de la société étatique « inexploitables » en l’absence de certification claire quant à leur provenance.

Source : RFI

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