Mozambique Exposed: la violence d’État, un héritage du parti au pouvoir depuis l’indépendance

Mozambique Exposed : La violence d’État, un héritage du parti au pouvoir

Plus d’un an et demi après la violente contestation électorale de fin 2024, l’étau continue de se resserrer autour des opposants politiques au Mozambique. En mai, deux militants d’Anamola, le parti de l’ancien candidat à la présidentielle Venancio Mondlane, ont été assassinés à leur domicile. Les autorités qualifient ces actes de « des incidents isolés ». Cet article s’inscrit dans le cadre de l’enquête « Mozambique Exposed », coordonnée par Forbidden Stories, à laquelle RFI a contribué.

Contexte factuel

Les violences se poursuivent dans un climat de répression accrue. Amilcar Francisco, militant d’Anamola, a récemment été torturé par des inconnus. Il raconte : « Alors que je sortais du travail, j’attendais le bus, quand une voiture blanche s’est garée près de moi. Six hommes en sont sortis et m’ont forcé à monter. Ils m’ont mis une cagoule sur la tête et ont attaché une corde autour de mon cou et de mes mains. » Après avoir été emmené dans un terrain vague, il a été battu et blessé gravement.

Données ou statistiques

Après les élections générales d’octobre 2024, qui ont vu la victoire écrasante du Frente de Libertação de Moçambique (Frelimo), parti au pouvoir depuis l’indépendance, le pays a été secoué par une contestation qui a duré plus de quatre mois. Selon les organisations de la société civile, la répression des manifestations a causé plus de 400 morts.

Les persécutions politiques se sont intensifiées à l’approche du premier congrès d’Anamola, prévu du 20 au 22 juin à Nampula. Deux cadres du mouvement ont été assassinés récemment. Anselmo Vicente, coordinateur d’Anamola à Chimoio, a été abattu le 9 mai, suivi par Pedro Chauke, militant dans la province de Gaza, tué chez lui six jours plus tard.

Venancio Mondlane, le leader d’Anamola, a déposé une plainte en mars 2025 contre la police nationale, faisant état d’au moins 55 personnes tuées et plus de 400 violentées depuis la création de son parti en août 2025.

Conséquence directe

Ces violences et détentions arbitraires révèlent un système répressif qui s’intensifie, mettant en danger les droits civiques et politiques au Mozambique. Les défenseurs des droits de l’homme estiment que la loi anti-terroriste, instaurée en 2018 et amendée en 2022, constitue un outil permettant de criminaliser la dissidence.

D’après l’indice de démocratie de l’Economist Intelligence Unit, le Mozambique obtient un score de 3,5 sur 10, le plaçant dans la catégorie des autocraties.

Source : RFI

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