Ceuta : Des allégations d’un chat démembré par des migrants suscitent des controverses
Le 8 septembre 2026, une agente d’entretien a déclaré dans l’émission espagnole En boca de todos que des migrants présents à Ceuta depuis fin juillet « tuent parfois les chats par plaisir » et qu’elle aurait trouvé des animaux « coupés en deux, démembrés ». Cette séquence, largement diffusée sur les réseaux sociaux, a provoqué des réactions virulentes, certains internautes appelant au renvoi immédi des migrants concernés.
Cependant, malgré une recherche approfondie, aucune preuve tangible, comme des photos ou des vidéos corroborant ces allégations, n’a pu être trouvée. Les accusations reposent essentiellement sur ce témoignage isolé.
Une rumeur persistante
Depuis l’arrivée de 70 000 migrants à Ceuta les 30 et 31 juillet, dont la majorité est retournée au Maroc peu après, les tensions entre les résidents et les migrants ont augmenté. Actuellement, environ 13 000 personnes demeurent sur le territoire, espérant que leur demande d’asile soit enregistrée. Cette situation a alimenté des rumeurs, notamment celle selon laquelle les migrants mangeraient des chats. Plusieurs médias, dont EFE et France 24, ont récemment démenti ces informations, qui reposent souvent sur des images détournées.
L’association locale « Agrevice Ceuta », qui s’occupe des chats abandonnés, a déclaré que « les allégations concernant les chats sont incertaines et n’ont été corroborées par aucun service public de la ville ». Elle souligne qu’il n’y a eu ni photos, ni plaintes, ni alertes concernant ces faits.
D’autres organisations, comme la « Protectora de animales y plantas de Ceuta » et la « Comunidad Gatuna », n’ont pas répondu aux demandes de commentaires, et leurs communications officielles ne font pas état de ces accusations.
Absence de preuves supplémentaires
L’association « Zeolandia », basée à Almeria, a indiqué avoir déposé une plainte auprès d’un tribunal de Ceuta concernant les reportages sur la disparition ou l’abandon de chats. Toutefois, elle n’a pas fourni d’éléments concrets pour soutenir les accusations à l’encontre des migrants.
Actuellement, aucune enquête officielle n’a été lancée, et les déclarations des agents d’entretien, bien qu’elles aient été relayées, n’ont pas été corroborées par d’autres témoins.
En somme, hormis le témoignage d’une seule agente d’entretien, il n’existe pas d’éléments probants établissant que des migrants à Ceuta tuent ou démembrent des chats « par plaisir ».
Source : Cuatro, EFE, France 24
