Magistrature et franc-maçonnerie : Douze obédiences interpellent G. Darmanin sur l’avis du Collège de déontologie
Le 7 septembre, douze grandes obédiences franc-maçonniques françaises ont adressé une lettre au président de la République, au garde des Sceaux et au Collège de déontologie des magistrats de l’ordre judiciaire. Cette démarche fait suite à un avis rendu le 9 juin par le Collège, déclarant l’appartenance à la franc-maçonnerie incompatible avec les fonctions de magistrat. Actu-Juridique a eu accès à ces courriers.
L’avis contesté, relayé par Actu-Juridique, a suscité une vive émotion au sein des obédiences maçonniques. En réponse à une demande d’un magistrat souhaitant intégrer la franc-maçonnerie, le Collège avait stipulé que « l’appartenance à la franc-maçonnerie est incompatible avec les obligations déontologiques qui pèsent sur tout magistrat lorsque le serment prêté induit une allégeance ou une solidarité prioritaire ».
Pour justifier cette position, le Collège s’est basé sur des informations issues de Wikipedia, ce qui a été perçu comme une référence peu solide par les obédiences. Bien que cet avis ne soit pas contraignant, il a été interprété comme une menace par la majorité des obédiences maçonniques.
Les signataires de la lettre soulignent l’importance de la liberté d’association et mettent en garde contre toute forme de stigmatisation des Francs-Maçons, rappelant que « la traque et la stigmatisation des Francs-Maçons ont toujours été la marque des régimes autoritaires ». Ils évoquent également la loi d’exception du régime de Vichy qui excluait les Francs-Maçons de la fonction publique.
Les courriers adressés à Emmanuel Macron, au garde des Sceaux et au Collège de déontologie contiennent des demandes précises, notamment celle de saisir le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) pour clarifier la compatibilité entre magistrature et franc-maçonnerie. Les signataires insistent sur le fait que « l’appartenance à une association régulièrement déclarée » ne devrait pas être considérée comme incompatible avec les obligations déontologiques des magistrats.
En conclusion, les obédiences demandent un réexamen de la question, soulignant que les principes de la franc-maçonnerie s’harmonisent avec les devoirs des magistrats.
Source : Actu-Juridique
