Eau détournée en Guadeloupe : 80 000 personnes privées d’eau potable, enquête en cours.

Eau détournée pour des hôtels et particuliers, 80 000 personnes sans eau potable… Enquête sur le scandale des robinets à sec en Guadeloupe

Eau détournée pour des hôtels et particuliers : 80 000 personnes sans eau potable en Guadeloupe

En Guadeloupe, la crise de l’eau est devenue un sujet de préoccupation majeur. De nombreux habitants sont privés d’eau potable depuis des semaines, tandis que des hôtels, restaurants et particuliers sont approvisionnés par des sociétés soupçonnées de détourner l’eau du réseau pour la revendre à des prix exorbitants.

Contexte factuel

Des témoignages d’habitants révèlent que, dans certaines zones comme les Abymes, des familles doivent se contenter de l’eau en bouteille pour des tâches quotidiennes, comme laver la vaisselle. Nadine Haral, une résidente, déclare : « Rien, depuis des jours, pas une goutte ». Pour pallier ce manque, elle doit se rendre à une station d’eau mise en place par la mairie, un dispositif temporaire qui dure depuis trois ans.

La vétusté du réseau d’approvisionnement est un problème majeur : 70 % de l’eau produite en Guadeloupe ne parvient jamais aux foyers en raison de fuites. Ces fuites, parfois spectaculaires, sont visibles sur les routes, où l’eau potable s’écoule librement sans intervention.

Données ou statistiques

Chaque jour, environ 80 000 Guadeloupéens vivent sans accès à l’eau potable. Pour réparer les fuites, l’État et la région ont prévu une enveloppe de 320 millions d’euros. Cependant, selon la Cour des comptes, le rythme actuel des travaux nécessiterait 208 ans pour renouveler le réseau.

Face à cette crise, certains habitants n’hésitent pas à payer jusqu’à 80 euros le mètre cube d’eau sur le marché parallèle, alors que le tarif officiel est de 2,32 euros. Des hôtels de luxe et des restaurants recourent également à ces pratiques illégales.

Conséquence directe

Les habitants, excédés par le manque d’action politique, ont déposé 230 plaintes, estimant que leur vie est en danger. En plus de l’absence d’eau, la qualité de l’eau du robinet est parfois compromise, rendant son utilisation dangereuse.

La situation en Guadeloupe soulève des questions importantes sur le droit à l’eau, un droit fondamental reconnu par l’ONU.

Source : Franceinfo

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