Tumeur du pancréas : le laser, une lueur d’espoir pour l’inopérable
Inopérable ne veut pas dire inatteignable. C’est dans ce sens qu’une équipe de recherche de l’Université de Californie à Irvine (États-Unis) a voulu tester l’utilisation de la lumière laser pour cibler des tumeurs du pancréas localisées mais inopérables.
Dans une nouvelle étude, parue dans le Journal of Vascular and Interventional Radiology, des chercheurs rapportent avoir utilisé la photothérapie dynamique vasculaire ciblée (VTP) sur des tumeurs pancréatiques inopérables. Cette technique repose sur l’activation in situ d’un produit photosensibilisant par une lumière laser, afin d’atteindre la tumeur.
« Nous utilisons le padeliporfine, un médicament photosensible, pour détruire les tumeurs pancréatiques qui entourent les principales artères de l’abdomen. Une fois les vaisseaux débarrassés des tumeurs, les patients peuvent subir une intervention chirurgicale qui peut leur sauver la vie », s’est réjoui le Dr Nadine Abi-Jaoudeh, radiologue et première autrice de l’étude.
Rendre opérable l’inopérable
L’étude présente les résultats de trois participants à l’essai, traités par la thérapie VTP au padeliporfin. Depuis, trois autres patients ont bénéficié de cette approche. Sur ces six patients, quatre ont pu subir une ablation chirurgicale des tissus tumoraux résiduels, rendant ainsi opérable une tumeur initialement inopérable.
Le cancer du pancréas a un pronostic sombre, avec l’un des taux de survie les plus faibles de tous les cancers. Il est souvent diagnostiqué à un stade avancé, et dans deux tiers des cas, ce cancer n’est pas opérable, car les tumeurs entourent souvent les principales artères irriguant l’abdomen, rendant une intervention chirurgicale trop risquée.
La procédure consiste à injecter un médicament photosensible au patient. Un ballonnet est ensuite inséré dans le vaisseau sanguin entouré par la tumeur, contenant un laser qui, une fois allumé, libère le médicament et détruit la tumeur. La lumière du laser active le médicament, provoquant une réaction chimique localisée qui conduit à la destruction de la tumeur. Les tissus tumoraux résiduels peuvent ensuite être détruits par chirurgie, au moins deux semaines après le traitement par laser.
Les résultats préliminaires indiquent que la thérapie laser est « techniquement réalisable » et « sans effet indésirable grave lié au médicament et au traitement », ouvrant la voie à de nouvelles interventions thérapeutiques. Des essais cliniques de phase 2 et 3 seront nécessaires pour développer cette approche à grande échelle.
En France, le CHU de Grenoble explore une approche similaire, à savoir la radiothérapie interne ciblée (DaRT) pour atteindre des tumeurs pancréatiques avancées et inopérables. Dans le cadre de l’étude ACAPELLA, 40 patients seront inclus pour évaluer cette méthode.
Source : Journal of Vascular and Interventional Radiology

