Le vignoble de Meuse : des vins frais en pleine expansion grâce au réchauffement climatique.

Le vignoble de Meuse : ses vins encore confidentiels et appréciés pour leur fraîcheur profitent du réchauffement climatique

Le vignoble de Meuse : des vins encore confidentiels en pleine évolution

Le vignoble des Côtes de Meuse, bien que modeste en taille, commence à se faire une place sur la scène viticole française. Grâce à l’impact du réchauffement climatique et à l’amélioration des méthodes de culture, ces vins, réputés pour leur fraîcheur, ont obtenu l’Indication géographique protégée (IGP) en 2011.

Les Côtes de Meuse produisent environ 1 500 hectolitres de vin, ce qui représente une infime part de la production nationale de 35 millions d’hectolitres. Bien que ce vignoble soit encore considéré comme confidentiel, il bénéficie d’une reconnaissance croissante. Léo Paul Liénard, viticulteur à Combles-sous-les-Côtes, souligne : « Le vignoble meusien est un vignoble de niche. Avec une cinquantaine d’hectares, nous ne saturons pas le marché, mais la qualité a considérablement augmenté ces vingt dernières années. Les consommateurs recherchent des vins atypiques. » Actuellement, six domaines exploitent la vigne sous l’IGP Côtes de Meuse sur 15 communes.

Thibaut Liénard, fils de Léo-Paul, note une évolution rapide du climat qui favorise la production de vins plus riches et denses. « Nous vendangeons en moyenne 15 jours plus tôt qu’auparavant, ce qui a entraîné une hausse des taux d’alcool et de sucre », précise-t-il. L’ensoleillement accru nécessite également des ajustements dans les pratiques culturales. Pour maintenir un taux d’humidité adéquat, Thibaut laisse l’herbe pousser entre les rangs de vigne.

Les températures estivales dépassant les 30 degrés, prolongées jusqu’en octobre, accélèrent les fermentations, nécessitant une gestion rigoureuse. Thibaut a ainsi investi dans une unité de refroidissement pour maîtriser ce processus. « Autrefois, nous espérions des températures douces en octobre, aujourd’hui, il faut refroidir immédiatement les moûts pour éviter une fermentation excessive », explique-t-il.

La typicité des vins blancs, appréciés pour leur fraîcheur et leur acidité, est préservée grâce aux cépages tels que l’auxerrois, le chardonnay, le pinot blanc et le pinot gris. Les rouges, principalement à base de gamay et de pinot noir, pourraient gagner en rondeur.

Les vins de Meuse commencent à trouver leur place chez les cavistes. David Gonzales, caviste à Nancy, constate : « Il y a 10 ou 15 ans, ces vins avaient une réputation mitigée. Aujourd’hui, ils sont de très bonne qualité. »

Les projections climatiques du GIEC indiquent une augmentation de deux degrés de la température en France d’ici 2050, ce qui pourrait transformer le climat de Metz et Nancy, les rapprochant de celui de Montpellier. Une telle évolution pourrait rendre la viticulture encore plus viable en Lorraine, une région historiquement peu propice à la culture de la vigne.

Sources : France 3, GIEC, INRAE Grand Est-Colmar.

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