Enquête électorale 2026 : Un climat de pessimisme s’installe en France
À l’approche de l’entrée en campagne pour l’élection présidentielle de 2027, la nouvelle vague de l’Enquête électorale française, réalisée par Ipsos BVA/Cesi École d’ingénieurs pour le Cevipof, Le Monde, l’Institut Montaigne et la Fondation Jean-Jaurès, révèle une opinion publique marquée par un profond pessimisme. Selon Antoine Bristielle, directeur de l’Observatoire de l’opinion de la Fondation, les résultats dressent un constat préoccupant sur l’état de la société française.
À sept mois du scrutin, la campagne n’en est qu’à ses débuts. Toutes les candidatures ne sont pas encore connues et les alliances restent incertaines. Cependant, la vague d’enquête, menée auprès de 13 000 personnes, offre une analyse précise des préoccupations des Français.
Les résultats montrent une tendance inquiétante : le pessimisme augmente, les perspectives individuelles se détériorent, et les attentes de changement se renforcent. 59% des Français expriment de l’inquiétude, 51% de l’incertitude, et 74% estiment que la situation du pays va se détériorer dans les mois à venir, un chiffre en hausse de 29 points par rapport à 2021. Ce pessimisme touche toutes les catégories d’âge et les familles politiques, atteignant 73% parmi les proches de La France insoumise et 82% parmi ceux du Rassemblement national.
Les préoccupations économiques et sociales dominent, avec 30% des Français plaçant les questions économiques parmi leurs principales inquiétudes et 29% citant les enjeux sociaux. Cependant, un paradoxe émerge : bien que 80% des Français se disent favorables à une réduction du déficit budgétaire, seulement 25% soutiennent une augmentation de l’âge de départ à la retraite.
Malgré ce climat morose, 75% des Français se disent intéressés par la prochaine élection présidentielle, une hausse de huit points par rapport à 2021. 71% espèrent un véritable changement social et politique, une attente qui s’est intensifiée depuis 2021.
Ce contexte de défiance vis-à-vis des responsables politiques est également notable : 89% des Français estiment que les responsables politiques parlent trop et n’agissent pas assez. Ce sentiment de mécontentement pourrait favoriser les candidats qui promettent une rupture avec l’ordre établi.
Les résultats de cette enquête soulignent une France en quête de changement, mais face à des attentes contradictoires et une défiance croissante envers les institutions, la voie vers une transformation politique semble semée d’embûches.
Source : Enquête électorale française, Ipsos BVA/Cesi École d’ingénieurs pour le Cevipof, Le Monde, l’Institut Montaigne et la Fondation Jean-Jaurès.

