Les professionnels de la justice juvénile s’opposent à un durcissement des peines en Suisse
Le Conseil national suisse a récemment soutenu une motion visant à renforcer les sanctions à l’égard des mineurs, soulevant de vives inquiétudes parmi les spécialistes du droit pénal des mineurs. Cette motion, déposée par Nina Fehr Düsel (UDC/ZH), propose d’augmenter les peines maximales pour les jeunes délinquants, notamment en portant de 1 à 2 ans la peine pour les jeunes de 15 ans, et de 4 à 6 ans pour ceux de 16 ans et plus. De plus, elle privilégie la peine privative de liberté sur le placement éducatif pour les jeunes jugés particulièrement rebelles et permet de juger les auteurs d’infractions graves selon le droit pénal des adultes.
Ce durcissement fait suite à l’introduction, en 2024, d’une me d’internement pour les jeunes ayant commis des crimes graves, tels que des homicides, après l’âge de 16 ans, et présentant un risque élevé de récidive à l’issue de leur peine. Les professionnels du droit, tels que Jonathan Rutschmann, avocat et chargé de cours en droit pénal des mineurs, expriment leur préoccupation quant à cette tendance à criminaliser davantage les jeunes.
Les Chambres fédérales semblent de plus en plus sensibles à la délinquance juvénile, ce qui pourrait entraîner un changement significatif dans la manière dont la justice traite les mineurs. La motion est désormais examinée par le Conseil des États, et les débats à venir pourraient influencer le futur de la justice juvénile en Suisse.
Source : Le Temps
