Les Houthis frappent à nouveau l’Arabie saoudite, l’Iran dément toute implication au Yémen
Les Houthis du Yémen, renforcés par leurs récentes avancées, ont de nouveau attaqué des cibles militaires en Arabie saoudite, tandis que l’Iran a démenti toute implication dans ce conflit, qui représente un nouveau front dans la guerre au Moyen-Orient.
Le mouvement houthi a récemment infligé des revers significatifs aux forces gouvernementales yéménites et à leurs alliés saoudiens, consolidant leur contrôle sur le détroit de Bab el-Mandeb, un point stratégique reliant l’Europe à l’Asie. Ces derniers ont également ciblé les infrastructures pétrolières de l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, ce qui a entraîné une augmentation des prix du pétrole au-delà du seuil symbolique de 100 $ US.
Lundi, les Houthis ont revendiqué une attaque de grande envergure, utilisant des dizaines de missiles balistiques et de drones contre la base aérienne de King Khalid, située à Khamis Mushait, dans le sud du royaume. Un habitant a rapporté avoir observé de nombreux missiles tomber sur la base, accompagnés de fortes explosions, et a noté que l’attaque avait provoqué un incendie prolongé.
Cette escalade intervient après que Riyad a réagi avec une cinquantaine de frappes aériennes, selon les Houthis, qui se positionnent comme des acteurs clés au sein de l’axe de résistance soutenu par l’Iran dans la région.
Le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, a rencontré à Djeddah l’amiral Brad Cooper, commandant du Commandement central américain, pour discuter des derniers développements dans la région. Dans ce contexte tendu, l’Arabie saoudite a également demandé le report d’une réunion avec l’Iran, qui devait se tenir à Oman, selon des sources diplomatiques iraniennes.
L’Iran a qualifié ce report d’excuse, affirmant qu’il n’intervenait pas dans les affaires yéménites et que les Houthis agissaient de manière indépendante. Cette réunion devait aborder l’avenir du détroit d’Ormuz, un autre point névralgique pour le commerce mondial d’hydrocarbures.
Les récents événements au Yémen ont exacerbé une crise que les États du Golfe considèrent déjà intenable. Avec des voies maritimes stratégiques menacées, la nécessité d’une désescalade devient pressante. Les combats récents dans l’ouest du Yémen ont causé des centaines de morts et déplacé près de 86 000 personnes, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Les tensions persistantes entre les Houthis et les forces soutenues par Riyad, qui se sont intensifiées depuis juillet, soulignent la complexité d’un conflit qui a causé des centaines de milliers de morts et plongé le Yémen dans une crise humanitaire majeure.
Source : Radio-Canada

