Escroc informatique : comment Shimon B. a piégé magistrats et notaires
Le 12 septembre 2026, Shimon B., 25 ans, a été mis en examen à Paris pour escroquerie et blanchiment en bande organisée. Ce jeune informaticien du XIVe arrondissement est à l’origine d’une des arnaques les plus audacieuses jamais orchestrées en France. En usurpant l’identité de procureurs, commissaires de police et magistrats, il aurait détourné jusqu’à un million d’euros.
Shimon B. : un génie informatique devenu escroc
Diplômé en génie informatique, Shimon B. a acquis une maîtrise redoutable des systèmes informatiques, lui permettant d’exploiter des failles dans des infrastructures sensibles. Selon Le Parisien, il aurait découvert une faille critique dans les serveurs de la police et de la justice, transformant cette expertise en outil de fraude.
Lors de son interpellation à domicile, Shimon B. a tenté de se cacher. Les forces de l’ordre ont trouvé 4 000 euros en espèces, trois téléphones portables et un ordinateur, preuves matérielles de ses activités frauduleuses. En garde à vue, il a coopéré en reconnaissant les faits et en fournissant l’accès à ses serveurs, décrivant comment il exploitait la vulnérabilité gouvernementale.
La reconstitution de l’arnaque
Le mode opératoire de Shimon B. consistait en une mise en scène judiciaire sophistiquée. Entre mai et juillet 2025, des notaires, entreprises, associations et salles de ventes ont reçu des communications alarmantes de prétendus magistrats, commissaires ou procureurs, les informant d’une enquête révélant des fonds illicites sur leurs comptes, nécessitant un transfert immédiat pour éviter un blocage judiciaire.
Shimon B. utilisait des adresses e-mail officielles inactives mais toujours valides des domaines de la police et de la justice. Il configurait également des numéros téléphoniques virtuels imitant ceux des institutions judiciaires. Les victimes, convaincues de l’authenticité de l’enquête, ont transféré des sommes importantes, dont 88 000 euros vers un compte bancaire portugais. Le préjudice total est estimé entre 150 000 et un million d’euros.
Les fonds détournés étaient rapidement transférés vers des comptes bancaires au Portugal et en Espagne. La coopération judiciaire internationale, bien que réelle, ralentit les procédures de récupération. Europol collabore avec les enquêteurs pour tracer ces flux financiers et identifier d’éventuels complices locaux.
Mise en examen pour escroquerie et blanchiment
Shimon B. est accusé d’escroquerie et de blanchiment en bande organisée, ce qui pourrait entraîner des peines allant jusqu’à dix ans de prison et un million d’euros d’amende pour l’escroquerie, et dix ans et 750 000 euros pour le blanchiment. Les magistrats examinent également l’accès frauduleux à un système de traitement automatisé de données, un délit puni de cinq ans d’emprisonnement.
L’accusation de bande organisée suppose l’existence de complices. Les enquêteurs cherchent à déterminer si Shimon B. agissait seul ou au sein d’un réseau structuré. L’instruction judiciaire pourrait durer plusieurs mois.
Saisies et preuves découvertes
Les 4 000 euros en liquide, les trois téléphones portables et l’ordinateur saisis constituent des preuves matérielles essentielles. Les experts en cybercriminalité de la police judiciaire vont examiner ces appareils pour reconstituer le parcours criminel de Shimon B. et identifier d’éventuels co-auteurs. Actuellement en détention provisoire, il attend son procès, qui pourrait établir une jurisprudence en matière de cybercriminalité institutionnelle.
Source : Le Parisien

