Trop sales, trop nombreux, trop abîmés : les dons de vêtements s’entassent à Toulon
Notre modèle de consommation atteint ses limites, et à Toulon, ça se voit. Dans les rues de la ville, les conteneurs verts débordent. Il est désormais impossible d’y déposer des vêtements usagés. La société en charge de leur collecte menace de déposer le bilan, une situation qui entraîne des conséquences notables.
À Toulon, la société mandatée ne collecte plus les textiles. La raison principale est un coût d’investissement de tri et de revente devenu insoutenable. Sur les terrains du syndicat de gestion des déchets, une centaine de colonnes attendent encore d’être installées. L’entrepreneur basé à Marseille, en charge de cette collecte, a signalé qu’il perd de l’argent à chaque installation de colonne.
Gilles Vincent, président de Sittomat, a déclaré : « Comme il nous dit qu’il perd de l’argent à chaque fois qu’il met une colonne, au plus il en met, au plus il perd de l’argent. Nous, nous sommes une collectivité, et les contrats doivent être suivis à la lettre. »
Actuellement, d’autres structures, telles qu’Emmaüs, récupèrent les vêtements. Cependant, deux fois par mois, Emmaüs doit renvoyer 15 tonnes de textiles au rebut, comprenant des chauss et des vêtements impossibles à revendre. Une bénévole d’Emmaüs a témoigné : « Il y a des tâches partout comme ça, on va la jeter à la poubelle directement. »
Simon Delvoye, responsable d’Emmaüs Var, a souligné que beaucoup de gens considèrent l’association comme une déchetterie, entraînant un surcroît de travail de tri. Jean Stellitano, président du Secours populaire 06, a également noté une dégradation de la qualité des dons, les particuliers préférant donner des articles de moindre valeur.
En attendant un repreneur, les textiles laissés à Toulon au pied des colonnes de collecte sont incinérés comme des ordures ménagères. Cette situation souligne un problème plus large : la consommation exponentielle de vêtements de mauvaise qualité.
Source : ICI Provence-Alpes Côte d’Azur

