Les bétonneurs font leur rentrée : une reprise des grands projets d’infrastructure
La rentrée 2026 marque le redémarrage des activités des entreprises du BTP et des administrations en France, après un été marqué par des conditions climatiques extrêmes, notamment la sécheresse, des vagues de chaleur et des incendies. Ce retour à l’activité s’accompagne d’une période propice aux travaux de défrichement et d’abattage, suite à la période de nidification des oiseaux, qui s’étend du 16 mars au 31 août.
Les projets d’infrastructure, tels que l’autoroute A412 en Haute-Savoie, la ferme-usine à saumons Pure Salmon en Gironde, et le centre de données Campus IA à Fouju, illustrent la tendance actuelle. Ces mégaprojets alimentent la colère des opposants qui dénoncent des initiatives qualifiées d’écocidaires. Selon Anti, membre du collectif Le Nuage était sous nos pieds, « les promoteurs vont continuer d’imposer leurs projets écocidaires ».
Malgré des réglementations sur les espèces protégées, des accusations de contournement de ces règles émergent sur le terrain. L’Association de concertation et de proposition pour l’aménagement et les transports a relevé des violations des engagements environnementaux sur le chantier de l’A412. Une porte-parole de la coalition nationale de la Déroute des routes critique le soutien de l’État à une logique de croissance infinie, malgré ses engagements climatiques.
Affaiblissement législatif
Les projets se poursuivent à un rythme soutenu, en partie grâce à un affaiblissement des garde-fous réglementaires. Des assouplissements concernant l’objectif de zéro artificialisation nette ont été votés par les parlementaires, permettant aux projets qualifiés d’intérêt national majeur (PINM) de ne plus être comptabilisés dans la consommation d’espaces naturels.
La loi permet désormais aux territoires de dépasser jusqu’à 20 % l’objectif local de bétonisation, sans justification. Victor Vauquois, cofondateur de l’association Terres de luttes, souligne que cette interprétation de l’intérêt général est contestable, car elle favorise les logiques de profit.
Données sur l’artificialisation
Une étude de la Fondation pour la nature et l’Homme, publiée en juin 2026, estime que plus de 187 000 hectares de terres pourraient être bétonnés en France d’ici 2031, soit l’équivalent de la superficie d’un département comme l’Essonne. L’Agence de la transition écologique appelle à diviser par dix le rythme d’artificialisation des sols pour atteindre l’objectif de zéro artificialisation nette d’ici 2050.
Actuellement, entre 20 000 et 30 000 hectares d’espaces naturels, agricoles et forestiers sont consommés chaque année, représentant près de cinq terrains de football par heure, selon l’Office français de la biodiversité.
Mobilisations et conséquences
Les mobilisations contre ces projets se poursuivent, avec des appels à manifester devant le ministère de l’Économie à Paris et des marches pour le climat prévues dans toute la France. Les opposants soulignent que ces luttes sont essentielles pour proposer d’autres choix pour les territoires.
Alors que la rentrée s’annonce chargée en projets d’infrastructure, la tension entre développement et protection de l’environnement semble
Source : Reporterre

