Pêcheurs mobilisés en Méditerranée : blocages et manifestations, « un ras-le-bol général »
Face à la hausse continue du prix du gazole et à la « dégradation continue » de leurs conditions de travail, les pêcheurs de Méditerranée ont entamé lundi un mouvement de mobilisation, dénonçant un « ras-le-bol général » et réclamant des réponses concrètes de la part des pouvoirs publics.
Les comités régionaux des pêches d’Occitanie, de Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca) et de Corse, ainsi que les organisations de producteurs et des syndicats de marins, ont lancé un appel commun. Ce mouvement se poursuivra tant que des réponses concrètes ne seront pas apportées aux revendications de la profession. Bernard Perez, président du comité Occitanie, a prévu une manifestation devant les Affaires maritimes à Sète (Hérault) lundi après-midi.
Une vingtaine de bateaux de pêche, provenant notamment de Banyuls-sur-Mer, Argelès-Saint-Cyprien et du Barcarès, ont bloqué le port de Port-Vendres dans les Pyrénées-Orientales. Manu Martinez, vice-président du comité local pêche de l’Aude et des Pyrénées-Orientales, a souligné que le gazole représente désormais trois-quarts des frais d’une journée de pêche, contre seulement 30% auparavant.
Christine Poncharreau, présidente du Comité régional des pêcheurs maritimes de Paca, a déclaré que les « prix exponentiels du carburant » rendent l’équation financière « difficilement tenable », malgré les aides gouvernementales reconduites pour septembre et octobre. Le gazole détaxé atteint actuellement 1,20 euro le litre dans la région.
Au-delà de la question du carburant, l’ensemble des difficultés du secteur alimente la colère des pêcheurs. Poncharreau a évoqué une « surcharge administrative » et un cadre réglementaire de plus en plus contraignant, notamment avec le règlement West Med qui encadre le chalutage. De plus, le renouvellement des générations pose problème, les jeunes hésitant à s’installer tandis que les plus âgés partent à la retraite, entraînant une « diminution sans précédent » de la flotte.
Ce mouvement social intervient alors que la France demeure le deuxième producteur européen de produits de la pêche, derrière l’Espagne, avec 477.000 tonnes de poissons et crustacés pêchés en 2024, un volume quasi-stable par rapport à 2023.
(Source : AFP)

