Stages en entreprise : une proposition de loi LFI propose de supprimer les missions d’observation en seconde et de réformer celles de troisième
Le texte, déposé mercredi au bureau de l’Assemblée nationale, fait suite à la mort de plusieurs mineurs lors de stages ces derniers mois.
Deux mois après le décès d’un élève de 15 ans, écrasé par un chariot élévateur à Bagnols-sur-Cèze (Gard), les élus de La France Insoumise (LFI) ont décidé de s’emparer du sujet des stages. Une proposition de loi visant à « supprimer » les séquences d’observation obligatoires de seconde, rédigée par le député Paul Vannier et cosignée par l’ensemble du groupe LFI, a été déposée le 10 juin 2026. Ce texte prévoit également une « réforme » des stages de troisième.
Le premier article de cette proposition de loi interdit tout stage pour les élèves de seconde générale et technologique. Le deuxième article propose de remplacer le stage de troisième par une semaine de découverte du monde professionnel, organisée par l’établissement scolaire. Un troisième article permet aux collégiens, uniquement s’ils sont volontaires, d’effectuer un stage « en dehors du temps scolaire obligatoire », avec l’accompagnement d’un psychologue de l’Éducation nationale compétent en matière d’orientation.
Depuis 2005, les élèves de troisième doivent effectuer cinq jours de stage en entreprise, tandis que les lycéens de seconde générale et technologique ont un stage obligatoire de deux semaines depuis 2024. Ce dispositif a été marqué par plusieurs drames, avec au moins cinq mineurs morts au travail en 2025, dont certains durant des stages.
Le 18 juin 2025, un lycéen a été tué par la chute d’une palette de marchandises dans un magasin à Saint-Lô (Manche). Son père, Arnaud Darthenay, milite pour l’interdiction des stages de seconde, affirmant qu’il « n’est pas normal qu’un enfant meure ou se blesse lors d’un stage en entreprise ».
Paul Vannier a exprimé ses craintes quant à la possibilité de nouveaux accidents, alors que les stages de seconde doivent bientôt commencer. Le gouvernement a promis de réagir, avec le lancement d’une mission « flash » pour renforcer les conditions de sécurité des stagiaires de troisième et de seconde.
La proposition de loi de LFI souligne également que ces immersions professionnelles sont souvent obtenues par les réseaux familiaux et professionnels des parents, ce qui désavantage les enfants des classes populaires, qui sont souvent envoyés dans des secteurs plus dangereux.
Cette proposition est ouverte à la cosignature des autres groupes à l’Assemblée, sauf ceux d’extrême droite. Début juin, une autre proposition de loi visant à mieux protéger les apprentis et les lycéens de la voie professionnelle a déjà été adoptée en commission des affaires sociales.
La particularité de ces collégiens et lycéens est qu’ils n’ont « aucun cours de prévention et de sécurité au travail, contrairement à ceux de la voie professionnelle », ce qui soulève des questions sur leur sécurité lors des stages.
Source : Franceinfo
