La Deeptech Européenne : Une Diversité de Financements Émergente
Les entreprises européennes de deeptech ont levé 20,3 milliards de dollars en 2025, représentant près d’un tiers du capital-risque investi sur le continent. Ce montant, bien qu’impressionnant, cache des trajectoires de financement de plus en plus disparates. Alors que les financements pour les nouvelles technologies énergétiques ont chuté de 41 %, ceux du secteur « future of compute » ont connu une augmentation spectaculaire de 115 %. Cette disparité souligne une évolution dans les besoins de financement et les modèles d’affaires au sein de la deeptech.
En 2025, le financement de la deeptech européenne a presque atteint son sommet de 2021, avec une hausse de 20 % par rapport à l’année précédente, selon le European Deep Tech Report 2026 publié par Dealroom. Les startups de ce secteur ont capté 32 % de l’ensemble du capital-risque en Europe, contre 15 % il y a dix ans. La valeur cumulée des entreprises européennes de deeptech financées par le capital-risque est désormais estimée à 690 milliards de dollars.
Cependant, cette moyenne masque des dynamiques internes variées. Dans les segments qualifiés de « novel deep tech », l’intelligence artificielle a attiré 3,4 milliards de dollars, tandis que le « future of compute » a reçu 2,5 milliards. En revanche, les nouvelles technologies énergétiques ont vu leur financement chuter à 700 millions de dollars. Cette diversité de financements indique qu’il n’existe plus un cycle unique de la deeptech, mais plusieurs économies du capital qui cohabitent sous cette appellation.
La deeptech est souvent associée à des technologies issues de recherches avancées et à une propriété intellectuelle difficile à reproduire. Cependant, elle ne décrit pas nécessairement la nature des besoins de financement spécifiques à chaque secteur. Par exemple, dans le domaine de l’IA, des centaines de millions de dollars peuvent être nécessaires pour le calcul et le déploiement, alors que dans la biotech, ce même montant pourrait être alloué à plusieurs programmes sans garantie de succès.
Le rapport souligne également que 70 % des capitaux apportés aux grandes opérations de deeptech en Europe proviennent d’investisseurs non européens, révélant ainsi une dépendance significative du continent à l’égard du financement extérieur. Ce constat met en lumière la nécessité pour l’Europe de développer des instruments financiers capables de soutenir l’ensemble du cycle de vie des technologies.
En conclusion, la deeptech européenne se trouve à un carrefour, avec des défis de financement qui varient selon les secteurs, nécessitant une approche plus nuancée pour accompagner chaque transition technologique.
Source : European Deep Tech Report 2026, Dealroom

