Derrière l’IA et ses data centers : une industrie minière qui ravage la planète
Le débat autour des data centers, souvent qualifiés de « usines de l’IA », soulève des préoccupations environnementales majeures. Ce terme, utilisé par des figures comme Scott Guthrie, vice-président du cloud de Microsoft, banalise une réalité complexe. En effet, la production d’intelligence artificielle repose sur une chaîne d’approvisionnement dont les impacts écologiques sont alarmants.
Les data centers, véritables entrepôts de serveurs informatiques, nécessitent une variété de métaux et de minéraux pour leur fonctionnement, souvent extraits dans des conditions désastreuses. La consommation d’eau et d’électricité de ces installations est exorbitante, et leur impact sur l’environnement est de plus en plus critiqué.
Consommation de métaux
Une étude publiée dans la revue Resources Policy estime que les centres de données dédiés à l’IA générative nécessiteront environ 692 000 tonnes de métaux d’ici 2025, avec une projection de 2,6 millions de tonnes d’ici 2035. Le Forum économique mondial ajoute que la consommation minérale d’un centre de données peut atteindre environ 70 tonnes de métaux par mégawatt de puissance, un chiffre qui peut tripler ou quadrupler selon la source d’énergie utilisée.
Impacts sur l’extraction minière
La demande croissante pour des terres rares, essentielles à la fabrication de composants électroniques, entraîne des violations des droits humains et des dégradations environnementales. En Chine, par exemple, l’extraction de ces métaux se fait souvent au détriment des populations locales, avec des milices armées qui prennent possession de terres ancestrales. Une enquête de l’ONG Global Witness rapporte que les mines de terbium et de dysprosium ont contaminé des cours d’eau sur des centaines de kilomètres.
Conséquences environnementales
Les projets miniers nécessaires à la production de ces métaux, notamment en Birmanie et en Andalousie, exacerbent des crises écologiques. En Andalousie, certaines mines de cuivre consomment autant d’eau que 66 000 habitants, aggravant ainsi une situation déjà critique dans une des régions les plus arides d’Europe.
L’essor des technologies IA, bien qu’innovant, se heurte donc à des réalités environnementales et sociales préoccupantes. La chaîne d’approvisionnement qui soutient ces technologies est marquée par des écocides et des injustices qui soulèvent des questions éthiques et écologiques pressantes.
Source : Reporterre

