Fantômes rouges : le poids de la Révolution culturelle sur la Chine d’aujourd’hui
Cette semaine, une journaliste explore le traumatisme provoqué chez les Chinois par la Révolution culturelle et dont ils ne sont toujours pas autorisés à parler.
Publié le 13/09/2026 à 10:00
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Tania Branigan, ancienne correspondante à Pékin pour le Guardian, affirme qu’il est impossible de comprendre la Chine contemporaine sans tenir compte de la Révolution culturelle. Cette période, qui s’est étendue de 1966 à 1976, a été marquée par une violence extrême et des purges massives orchestrées par Mao Zedong pour consolider son pouvoir. Selon Branigan, des dizaines de millions de personnes ont été persécutées, avec environ 2 millions de morts.
Malgré l’ampleur de ces événements, la mémoire de la Révolution culturelle reste largement refoulée en Chine. Le discours officiel présente cette période comme une simple « erreur », sans approfondir les détails. Mao demeure une figure héroïque, et les voix des survivants sont souvent étouffées.
Les témoignages recueillis par Branigan, notamment ceux d’anciens gardes rouges, révèlent des actes de violence insensés, comme des élèves torturant leurs professeurs ou dénonçant leurs propres parents. Ce chaos, voulu par Mao, est aujourd’hui refoulé dans la mémoire collective, servant les intérêts du pouvoir actuel.
Le président Xi Jinping, en promettant ordre et prospérité, se positionne comme un rempart contre le chaos, tout en évoquant sa propre expérience de jeunesse difficile durant cette période. Cela renforce son image de dirigeant authentiquement communiste, facilitant ainsi l’acceptation de la répression et de la surveillance généralisée.
Source : Franceinfo
