David Hockney, géant de l’art contemporain, est mort à 88 ans
Figure incontournable de l’art contemporain, David Hockney est décédé ce jeudi 11 juin 2026 à l’âge de 88 ans. Peintre, dessinateur, photographe et pionnier des outils numériques, l’artiste britannique laisse une œuvre foisonnante qui a profondément marqué l’histoire de l’art des XXe et XXIe siècles.
Le décès de David Hockney a été confirmé ce jeudi 11 juin 2026. Né à Bradford en 1937, l’artiste britannique s’est imposé dès les années 1960 comme l’une des figures les plus singulières de sa génération. Des piscines californiennes devenues iconiques à ses paysages du Yorkshire, de ses photomontages aux créations réalisées sur iPad, il a exploré les possibilités de l’image et renouvelé son langage plastique. Son œuvre, immédiatement reconnaissable par son éclat chromatique et sa liberté formelle, en a fait l’un des artistes les plus populaires et influents de son temps.
Du Yorkshire à Los Angeles : la naissance d’un regard
David Hockney naît à Bradford dans le Yorkshire, comté du nord de l’Angleterre, en 1937. Il y suit ses études avant de rejoindre le Royal College of Art à Londres en 1959, où il reçoit une première distinction. Les thèmes et influences émergent, notamment le cubisme, qui l’intéresse. Il choisit la gravure comme médium à l’université, bénéficiant de matériaux fournis gratuitement.
En 1964, il s’installe à Santa Monica, Los Angeles, découvrant un nouveau monde, la lumière éclatante et un pays où l’homosexualité n’est pas criminalisée. Il trouve dans la représentation de l’eau et des piscines un thème qui contrecarre le modernisme géométrique de l’architecture. Des œuvres emblématiques naissent, telles que A Bigger Splash en 1967 et Portrait of an Artist (Pool with Two Figures), peinte en 1972, qui bat un record de prix lors d’une enchère chez Christie’s en 2018.
Hockney, l’insatiable expérimentateur
Hockney continue d’explorer les arts visuels à travers la photographie, les collages, et les décors d’opéras, dont La Flûte enchantée en 1978. Il expose des images composites faites de Polaroïds au Centre Pompidou en 1982. Après plus de vingt ans, il retourne régulièrement en Europe, notamment pour voir sa mère à Bridlington. Il compose des œuvres monumentales comme A Bigger Grand Canyon, s’attachant au paysage comme un défi, tout en expérimentant avec des toiles fragmentées en petits panneaux pour travailler en plein air.
En 2001, Hockney devient également théoricien, explorant l’utilisation de dispositifs optiques. En 2013, une rétrospective lui est consacrée à la Royal Academy, où il expose ses peintures réalisées sur iPhone et iPad.
Un regard qui aura traversé près de sept décennies
Élu à la Royal Academy of Arts en 2012, Hockney a bénéficié de rétrospectives dans les plus grands musées du monde. En France, il entretenait un lien particulier avec la Normandie et Paris, où il s’était installé ces dernières années. En 2023, le musée Granet a enregistré un nombre record de réservations pour l’exposition David Hockney. Collection de la Tate.
À 88 ans, il continuait de produire avec une énergie remarquable. À la galerie Lelong à Paris, The Moon Room exposait jusqu’au 7 mai 2026 ses dessins de paysages nocturnes, réalisés durant le confinement.
Source : Connaissance des Arts.
