Diagnostic d’endométriose : des marqueurs identifiés dans le sang menstruel
En matière de lutte contre l’endométriose, cette maladie gynécologique chronique et souvent invalidante, le diagnostic est essentiel pour mettre en place des traitements efficaces.
Pourquoi cette piste est explorée
Bien que l’imagerie ait révolutionné le dépistage de l’endométriose, certaines lésions de petite taille peuvent encore échapper à la détection. L’expertise d’un radiologue spécialisé est souvent nécessaire pour évaluer correctement l’étendue des lésions. Récemment, une nouvelle piste a émergé : le sang menstruel. Ce dernier est considéré comme un vecteur potentiel pour mieux diagnostiquer la maladie. En effet, l’endométriose se caractérise par la présence de tissu semblable à l’endomètre à l’extérieur de l’utérus, souvent par un phénomène de flux rétrograde, où le sang menstruel remonte par les trompes.
Le sang menstruel, différent en cas d’endométriose
Des travaux préliminaires, publiés dans BMC Medicine, indiquent que le sang menstruel contient des cellules utérines, telles que des cellules épithéliales, stromales et immunitaires. Ces caractéristiques en font une cible intéressante pour identifier des biomarqueurs de l’endométriose.
Cinq biomarqueurs potentiels identifiés
L’équipe de recherche a comparé le sang menstruel de femmes sans endométriose à celui de femmes atteintes d’une endométriose profonde. Dix femmes ont fourni des échantillons via des coupes menstruelles. Grâce à des procédés biologiques, cinq biomarqueurs d’expression des gènes spécifiques à l’endométriose ont été identifiés dans le sang menstruel.
Camille Berthelot, coautrice de l’étude, a déclaré : « Nos résultats montrent que le sang menstruel, facilement accessible, pourrait être utilisé à des fins diagnostiques, mais des recherches supplémentaires sont nécessaires pour établir leur généralisation. »
Reste à valider ces résultats lors d’études supplémentaires avec un plus large échantillon de femmes. L’objectif est qu’un jour, l’endométriose puisse être diagnostiquée simplement par une analyse de sang menstruel dans n’importe quel laboratoire.
Source : BMC Medicine

