Gaspillage en France : la bureaucratie face aux défis posés par l’IA

Gaspillage : la bureaucratie française dépassée par l’IA

Gaspillage : la bureaucratie française dépassée par l’IA

Sur les réseaux sociaux, de nombreux témoignages révèlent une montée en flèche de la consommation sur me, facilitée par les dernières avancées de l’intelligence artificielle (IA). Un internaute a récemment partagé son expérience : après avoir mesuré et photographié l’encadrement d’une porte, il a envoyé ces informations à ChatGPT Work. Dix minutes plus tard, il recevait un fichier imprimable pour concevoir un butoir de porte spécifique. Cette anecdote, bien que simple, coïncide avec l’annonce de l’État français visant à obliger les industriels à fournir les plans d’impression 3D de certaines pièces.

L’article 19 de la loi antigaspillage, adoptée en février 2020, a inscrit dans le code de la consommation une obligation significative. Lorsque des pièces détachées indispensables ne sont plus disponibles sur le marché et peuvent être fabriquées par impression tridimensionnelle, le fabricant doit fournir le plan ou, à défaut, les spécifications techniques nécessaires à leur élaboration. Ce texte renvoyait à un décret pour désigner les produits concernés.

Encourager la réparation

Six ans plus tard, le gouvernement a enfin élaboré ce décret, notifié à la Commission européenne en juin, avec une entrée en vigueur prévue pour le 1er janvier 2027. Les fabricants disposeront de quinze jours ouvrables pour transmettre le plan s’ils le détiennent, et de vingt jours pour fournir les spécifications s’ils ne les possèdent pas. La liste des produits concernés est vaste, englobant l’électroménager, les smartphones, les ordinateurs portables, les consoles de jeux, et même les véhicules à deux roues.

Les industriels ont, cependant, exprimé leur désaccord. L’AFNUM, qui regroupe des géants tels qu’Apple, Microsoft et Google, affirme qu’aucun acteur de la réparation par impression 3D ne possède actuellement les capacités techniques ni les certifications requises. De son côté, l’APPLiA, représentant des marques comme Miele et Dyson, souligne les difficultés à contrôler la composition des matériaux d’une pièce fabriquée par un tiers, notamment pour les surfaces en contact avec des aliments.

Plans 3D générés par IA

Une étude récente, menée par des chercheurs de l’université Mohamed ben Zayed d’intelligence artificielle à Abou Dhabi, a testé huit modèles d’IA sur trois cents pièces industrielles. Sur les 2 400 programmes 3D générés, 1 030 étaient valides, mais seulement 432 respectaient les exigences d’ingénierie nécessaires à leur fabrication. L’IA continue de progresser rapidement, comme en témoigne la récente annonce d’OpenAI concernant GPT-6 Astra, qui obtient 95,9 % sur BenchCAD, un test d’évaluation de la capacité à reconstruire des objets tridimensionnels.

Le véritable enjeu ne réside donc plus dans l’accès aux données géométriques, mais dans la formation des réparateurs, l’utilisation de matériaux certifiés et la question de la responsabilité concernant les composants réparés.

Responsabilité du fabricant

Bruxelles prévoit également une directive à transposer en décembre, classant les fichiers de fabrication numériques parmi les produits potentiellement défectueux. Un fichier de conception, qui dirige une imprimante, devient ainsi un produit à part entière. En cas de défaut causant un dommage, le fabricant pourrait être tenu responsable. Cette évolution survient alors que l’État français impose aux fabricants de transmettre certains de leurs plans, tandis que l’Europe les considère comme des produits susceptibles d’engager leur responsabilité.

Source : L’Express.

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