Sans accord sur le budget, la crise politique sera alors « très profonde » : l’Arizona face à un « col hors catégorie »
Les travaux budgétaires du gouvernement fédéral reprendront la semaine prochaine. Plusieurs obstacles se profilent déjà à l’horizon.
Le gouvernement fédéral s’apprête à relancer ses travaux budgétaires, avec l’intention du Premier ministre, Bart De Wever, de finaliser une trajectoire pluriannuelle d’ici la fin de la législature. L’objectif est d’éviter un effet boule de neige de l’endettement, qui pourrait survenir d’ici 2031 si la politique actuelle demeure inchangée, voire plus tôt en cas de dégradation du contexte géoéconomique.
D’ici cinq ans, le taux d’intérêt payé pour la dette pourrait dépasser le taux de croissance, entraînant un endettement autoalimenté. Avant la trêve estivale, le gouvernement a convenu d’un effort complémentaire de 10 milliards d’euros d’ici 2029. Bien que la majorité Arizona ait réussi à mettre en place plusieurs réformes en moins de deux ans (concernant les pensions, le marché du travail, et la taxation du patrimoine), elle éprouve des difficultés à surmonter à court terme le « col hors catégorie » de l’assainissement budgétaire.
Le gouvernement défend son action, affirmant que sans son intervention, le déficit budgétaire atteindrait les 6% du PIB l’an prochain. Bart De Wever avait tenté d’établir une trajectoire pluriannuelle l’année dernière, mais cet effort avait échoué en raison de critiques sur certaines mes de TVA, qui avaient été finalement retirées.
De retour d’une visite en Italie, le Premier ministre entamera dès mardi des rencontres bilatérales avec les vice-Premiers ministres, avec un classeur rempli de propositions. Un bras de fer s’annonce, car des réductions de dépenses sont jugées nécessaires, celles-ci dépassant actuellement les 50% du PIB, sans compter les charges d’intérêt de la dette. Les questions demeurent : de quelle ampleur et dans quels secteurs ces réductions seront-elles appliquées ? Par ailleurs, la réforme fiscale de l’Arizona, qui entraînera une diminution de la fiscalité sur le travail, pourrait également affecter le niveau des recettes.
Des mes « intelligentes » pourraient être envisagées pour maintenir les recettes à 49,5% du PIB. Un accord est attendu pour la mi-octobre, date à laquelle la Belgique devra soumettre son épure budgétaire à la Commission européenne et où le Premier ministre prononcera son discours de politique générale à la Chambre.
L’an dernier, cette échéance n’avait pas été respectée, entraînant une situation où Bart De Wever avait dû solliciter un délai de 50 jours pour conclure un accord après un premier tour de discussions infructueux. Le Premier ministre a récemment appelé ses partenaires à faire preuve de réalisme et de volontarisme pour mener à bien cette mission, qu’il qualifie de désagréable.
Si aucun accord n’est trouvé à cette période de l’année, et que certains partis de l’Arizona restent inflexibles, la crise politique sera alors « très profonde ». Bart De Wever a affirmé qu’il n’avait jamais eu l’ambition d’être Premier ministre, mais qu’il « assumait » cette fonction tant qu’elle lui permettrait d’assainir les finances publiques. Si cet objectif n’est pas atteint, il ne s’accrochera pas à son poste, laissant la possibilité d’élections anticipées sur la table.
Source : Belga

