Quand Daniel Defoe racontait la peste de Londres de 1665 : épisode 5 du podcast La Peste
En 1722, l’écrivain anglais Daniel Defoe publie son ouvrage Journal de l’année de la peste, un récit fictif à la première personne relatant l’épidémie de peste qui a frappé Londres en 1665. Ce texte, loin d’être une simple fiction, repose sur l’expérience personnelle de Defoe, qui n’avait que cinq ans lors de l’épidémie, ainsi que sur des témoignages recueillis et une recherche approfondie.
Defoe décrit une période où la peur et l’angoisse régnaient dans la population. Dans son récit, il évoque : « Hélas ! c’était une époque où chacun était si préoccupé de sa propre sécurité que la pitié pour la détresse d’autrui ne trouvait aucune place ; chacun voyait, pour ainsi dire, la mort à sa porte, souvent même dans sa propre famille, et nul ne savait que faire ni où s’enfuir. » Cette citation met en lumière l’impact dévastateur de la peste sur les relations humaines, où la survie individuelle prenait le pas sur la solidarité.
Le texte de Defoe a été réédité en 1982 en français chez Folio, accompagné d’une préface par le microbiologiste Henri Mollaret, qui a salué la démarche de Defoe, le considérant comme un précurseur de l’épidémiologie. Cette réédition a été mise en avant dans une émission d’Agora diffusée pour la première fois le 12 mai 1982 sur France Culture, où Mollaret a discuté de l’œuvre de Defoe et de l’histoire de la peste.
L’œuvre de Defoe continue de résonner aujourd’hui, offrant un aperçu précieux sur les conséquences sociales et psychologiques d’une épidémie, tout en soulignant l’importance de la mémoire collective face à la maladie.
Source : France Inter
