Propos antisémites lors d’une réunion d’extrême droite en Suisse suscitent des réactions.

Vaud : propos antisémites lors d'une réunion d'extrême droite

Vaud : Propos antisémites lors d’une réunion d’extrême droite

Organisée discrètement cet été dans le canton de Vaud, une conférence d’extrême droite a été mise en ligne il y a dix jours, attirant un public inattendu avec plusieurs dizaines de milliers de vues. Certains des propos tenus pourraient faire l’objet de poursuites pénales, selon la Commission fédérale contre le racisme.

Mi-juillet, trois figures de l’extrême droite radicale française ont fait le déplacement en Suisse romande pour une conférence intitulée « Quel avenir pour l’Europe blanche ? ». Initialement prévue dans un local de La Chaux-sur-Cossonay, la réunion a été déplacée suite à l’intervention des autorités locales, qui ont annulé la location de la salle. Les orateurs et le public se sont finalement réunis devant un refuge à Saint-Cierges, dans le Gros-de-Vaud.

Parmi les intervenants se trouvait Vincent Reynouard, un révisionniste condamné à dix mois de prison pour contestation de crime contre l’humanité, qui a fait appel. Il a déclaré : « J’ai déjà passé deux ans derrière les barreaux pour ce que j’ai écrit et ce que j’exprime. Là, il se trouve que j’ai des condamnations mais j’attends qu’elles soient effectives. Donc pour l’instant, je suis en liberté. »

Cette situation préoccupe Me Corinne Matouk, avocate de l’Organisation juive européenne, impliquée dans plusieurs procédures judiciaires contre Reynouard. Elle a souligné que ce dernier fait systématiquement appel pour poursuivre ses activités, notant que sa première condamnation remonte à 1992.

Les orateurs, dont Henri de Fersan, un auteur se revendiquant franquiste, ont exprimé des idées controversées. De Fersan a déclaré qu’il est venu en Suisse pour échapper à la surveillance des autorités françaises, notamment en prévision de l’élection présidentielle de 2027.

Début septembre, la conférence a pris de l’ampleur avec la diffusion sur les réseaux sociaux, atteignant entre 17 000 et 23 000 vues pour certains orateurs, un succès notable par rapport aux précédentes publications du groupe organisateur, Résistance Helvétique.

Les propos tenus lors de cette réunion incluent des déclarations antisémites. Jérôme Bourbon, directeur de la revue Rivarol, a été cité pour avoir minimisé la mémoire de la Shoah, ce qui pourrait enfreindre l’article 261bis du Code pénal suisse, qui sanctionne la discrimination et l’incitation à la haine.

À ce jour, aucune instruction n’a été ouverte par le Ministère public vaudois concernant ces déclarations. La police cantonale a été informée de la réunion tardivement et a constaté que la conférence était déjà terminée.

Cet événement met en lumière la place particulière que la Suisse peut occuper pour l’extrême droite européenne, où des événements de ce type peuvent se dérouler sans intervention des autorités.

Source : RTS

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