Un patient sur deux atteint de cancer n’est pas associé aux décisions concernant son traitement par radiothérapie
La Ligue contre le cancer a récemment publié une étude révélatrice sur le parcours des patients recevant des traitements par radiothérapie. Selon cette enquête, à laquelle franceinfo a eu accès en exclusivité, 50,6 % des patients affirment ne pas avoir été consultés sur leur traitement.
Bien que la radiothérapie soit reconnue pour son efficacité dans le traitement du cancer, de nombreux patients expriment un sentiment de manque d’informations et de communication de la part des professionnels de santé. Catherine Simonin, présidente de la commission société et politiques de santé de l’association, souligne que « des progrès sont nécessaires pour garantir que le consentement et l’acceptation du traitement soient véritablement effectifs ». Elle insiste sur l’importance d’impliquer les patients dans leur parcours de soins, arguant qu’un patient qui se sent écouté est plus enclin à adhérer à son traitement.
Parmi les 3 669 patients interrogés, plus d’un quart (28,5 %) a déclaré que leur consentement n’avait pas été sollicité. Les inégalités de genre sont également marquées : 37,3 % des femmes rapportent que leur avis n’a pas été pris en compte, contre 17,1 % des hommes. De plus, 64 % des femmes affirment que leur opinion sur le traitement n’a pas été demandée, contre 33 % des hommes.
La Ligue contre le cancer a noté que ces résultats révèlent des limites dans la capacité du système de santé à associer les patients aux décisions thérapeutiques. L’association appelle à une meilleure communication, permettant aux patients d’exprimer leurs préférences et interrogations.
L’étude met également en lumière le manque d’information concernant les effets secondaires potentiels : 27 % des patients n’ont pas été informés des risques associés à la radiothérapie, bien que 88 % d’entre eux aient ressenti au moins un effet indésirable pendant le traitement, tels que fatigue, brûlures ou troubles digestifs. Plus d’un tiers des patients n’ont pas bénéficié de soins de support, et près de 24,4 % d’entre eux n’ont pas reçu d’informations sur les suites du traitement, alors que 83 % rapportent des effets indésirables persistants après la fin des rayons.
Cette étude appelle à une réflexion profonde sur l’importance de l’implication des patients dans leur parcours de soins, afin de garantir une prise en charge plus équitable et humaine.
Source : Ligue contre le cancer, franceinfo

