Hausse des impôts : un vote budgétaire sous tension à Aix-Marseille-Provence
Depuis les élections municipales, aucun budget n’a été approuvé par la métropole Aix-Marseille-Provence. Les différents groupes peinent à trouver un compromis pour combler le déficit.
Un vote crucial se profile ce jeudi 10 septembre, où les membres du conseil métropolitain tenteront d’adopter un budget commun, cinq mois après l’échec d’un premier vote. La situation s’est aggravée avec le contrôle de l’État sur les finances de la métropole et un examen minutieux de l’ensemble des budgets communs.
Le déficit de la métropole, évalué à 144 millions d’euros par la Chambre régionale des comptes, complique la situation. En avril, les élus avaient refusé d’approuver un budget, dénonçant les baisses de dotations de l’État aux communes. Depuis, le préfet a pris les rênes des décisions budgétaires, une situation jugée insatisfaisante par les élus.
La première version du budget, proposée par les services du préfet, prévoit une réduction du déficit par la diminution des « attributions de compensation » versées aux communes. Jean-David Ciot, maire du Puy-Sainte-Réparade, a qualifié cette décision d’illégale et menace de recours judiciaire.
Une alternative, suggérée par la chambre régionale des comptes, consiste à réduire les « dotations de solidarités communes », ce qui entraînerait une perte de 36 millions d’euros pour Marseille. Cette option est celle que le président de la métropole, Nicolas Isnard, souhaite soumettre au vote.
Les élus de gauche tentent d’obtenir un report du vote, espérant maintenir un budget déséquilibré pour élaborer un « plan pluriannuel ». Cependant, cette proposition ne fait pas l’unanimité. Jean-David Ciot a exprimé son opposition à un report prolongé, arguant que les déficits ne peuvent être reportés sur les années suivantes.
Le groupe de gauche « Pour une métropole unie et solidaire », majoritaire, a déjà annoncé son refus de voter pour la nouvelle version du budget. Pour qu’un plan budgétaire soit adopté, il doit obtenir les deux tiers des voix de l’assemblée métropolitaine, composée de 238 conseillers, rendant l’adoption du budget incertaine.
Quel que soit le budget adopté, une hausse des taxes semble inévitable pour équilibrer les finances des communes, malgré l’impopularité de cette me. Jean-David Ciot a souligné que ce sont les contribuables qui supporteront le poids du déficit de la métropole.
Cette crise budgétaire pourrait également engendrer des tensions politiques, certains élus du Printemps marseillais envisageant de quitter leurs fonctions de vice-présidence, ce qui pourrait affecter la coopération entre les services métropolitains et municipaux à Marseille.
Source : France 3 Provence-Alpes.

