Flambée des prix du poulet : les raisons de la crise selon les éleveurs
Dans une déclaration au journal El Khabar, Ali Benchaïba, président de la Fédération nationale des éleveurs de volailles, a exposé les causes de l’augmentation significative des prix des viandes blanches observée ces dernières semaines. Cette instabilité du marché résulte d’une combinaison de facteurs survenus au cours de l’été dernier.
En premier lieu, des conditions météorologiques extrêmes, marquées par des vagues de chaleur et des incendies, ont créé un environnement défavorable à l’élevage. De plus, des coupures d’électricité fréquentes ont perturbé les systèmes de ventilation et de refroidissement des poulaillers, entraînant une élévation brutale des températures internes et la perte d’un nombre important de volailles. La situation a été aggravée par la propagation de pathologies aviaires, augmentant le taux de mortalité au sein de la population avicole.
Sur le plan logistique, des retards dans les prévisions d’importation et des procédures complexes ont conduit à une pénurie de vaccins et de médicaments vétérinaires, ce qui a également fait grimper les coûts de production. Ces pertes de production ont coïncidé avec une forte demande durant la saison estivale, créant un déséquilibre entre l’offre et la demande.
Le président de la Fédération a rappelé que les origines de cette crise remontent à la fin de l’année 2025 et au premier semestre 2026, période durant laquelle les prix avaient chuté à des niveaux inférieurs aux coûts réels de production. Par exemple, le plateau d’œufs était situé entre 300 et 350 DA, tandis que le prix du poulet vivant était tombé en dessous de 300 DA/kg. Cette baisse prolongée a fortement impacté la trésorerie des professionnels, contraignant de nombreux éleveurs à suspendre temporairement leur activité.
Malgré ces difficultés, Ali Benchaïba a qualifié la crise de conjoncturelle. À la fin du mois d’août, une reprise de l’activité a été observée, avec une demande accrue pour les poussins destinés au repeuplement des exploitations. Étant donné qu’un cycle d’élevage dure environ 45 jours, les premiers effets de cette relance devraient se faire sentir dès la seconde moitié de septembre, avec une baisse initiale de 30 à 40 DA par kilogramme de poulet vivant déjà enregistrée.
Selon les prévisions de la Fédération, une stabilisation et une baisse progressive des prix devraient survenir à partir de la fin septembre et se poursuivre jusqu’à la mi-octobre. Pour éviter la répétition de ces cycles de volatilité, la Fédération appelle à une réorganisation en profondeur du secteur, incluant la création d’un « couloir vert » pour simplifier et accélérer les procédures d’importation des matières premières essentielles à la filière avicole.
Source : El Khabar

