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Quand deux partenaires ne mangent pas à la même vitesse, les disputes peuvent se multiplier. (image d’illustration)
Pour certains couples, c’est parfois le seul moment où leur compatibilité s’estompe. Pendant que l’un dévore le plat qu’il a devant lui, l’autre prend tranquillement le temps de déguster le sien. Cet « eating speed gap » (ou « écart de vitesse de repas ») est tourné en dérision sur TikTok, où des couples tentent d’adapter leur cadence à celle de leur partenaire, pour des résultats souvent hilarants. Généralement, l’un des deux mange nettement plus lentement, tandis que l’autre se dépêche de finir son assiette.
« Il a dû attendre trois à quatre jours ouvrés avant d’avoir droit à la bouchée suivante », a écrit un internaute en commentaire d’une vidéo dans laquelle l’une des partenaires prend soigneusement le temps d’assaisonner son bol et de choisir son programme télé avant d’en manger une seule bouchée.
Note : Cet article est une traduction réalisée par la rédaction du HuffPost France, à partir d’un article paru en septembre 2026 sur le HuffPost US. L’article original est à lire ici.
Anecdotique pour beaucoup, cette question peut pourtant défaire bien des relations si l’on y accorde une trop grande importance. Or pour Evelyn Pechous, thérapeute conjugale et familiale, il n’y a rien d’anormal à ce que les membres d’un couple évoluent à des rythmes différents dans la vie. « Les partenaires qui mangent à des rythmes différents pourraient en réalité être plus compatibles que ceux qui mangent à la même vitesse, indique-t-elle au HuffPost US. Des rythmes alimentaires différents peuvent témoigner d’un équilibre nécessaire au sein du couple : l’un peut avancer plus lentement dans la vie, tandis que l’autre évolue avec davantage d’énergie et de dynamisme. »
L’ouverture d’esprit ne s’arrête pas à table
La diversité est même le sel de la vie à deux, veut croire le psychologue Ryan Howes. Et cela vaut aussi lorsqu’il s’agit de regarder votre partenaire, au restaurant, engloutir un hamburger. « Les différences de ce genre font partie du fait d’entrer en relation avec une autre personne, souligne-t-il. Elles en sont même un élément essentiel : nous voulons nous unir à quelqu’un qui soit un peu différent de nous, parce que cela apporte de la variété et de la nouveauté dans nos vies. »
En définitive, le seul véritable problème lié à un « eating speed gap » survient lorsque votre partenaire décide d’en faire un problème. En clair, il n’est pas nécessaire ni important de manger à la même vitesse que son partenaire. En revanche, il est essentiel de respecter ces différences courantes. Observez la manière dont votre partenaire se comporte avec vous pendant les repas : cela peut vous donner des indications précieuses sur la façon dont il ou elle vous traitera à long terme.
« Si votre partenaire se montre respectueux, par exemple en vous disant de ne pas vous presser et de profiter de votre repas, c’est positif pour votre relation, analyse Anita Chlipala, une autre thérapeute conjugale et familiale. Mais s’il fait régulièrement des remarques désobligeantes ou condescendantes, en vous disant par exemple que vous êtes la personne la plus lente de la planète, ou que vous êtes idiot de ne pas manger plus vite ou de prendre le temps de savourer votre nourriture, il est peut-être temps de réévaluer la viabilité de cette relation. »
Chacun entretient une relation différente avec la nourriture, et les couples les plus heureux savent faire preuve d’ouverture d’esprit y compris sur ce sujet-là. « Ne faites pas sentir à l’autre qu’il mange mal ou de la mauvaise manière, conseille Anita Chlipala. Évoquez le sujet entre vous. Il est tout à fait possible que votre vitesse de repas n’ait aucune signification particulière, mais pour certaines personnes, ce n’est pas le cas. »
Et si cela devenait un problème à régler à deux ?
La thérapeute se souvient notamment avoir accompagné des couples qui se disputaient pour savoir si le fait de manger trop vite réduisait ou non la qualité du temps passé ensemble. « Celui qui mange vite est déjà prêt à commencer à débarrasser et à faire la vaisselle, quand celui qui mange plus lentement espère profiter d’un moment de complicité », poursuit-elle.
Faire des compromis peut aider aussi bien les mangeurs lents que les mangeurs rapides. Si vous êtes pressés, celui qui mange lentement devra peut-être adapter son rythme afin que vous puissiez regarder votre émission après le dîner. Anita Chlipala souligne également que les mangeurs rapides doivent veiller à ne pas manger plus que leur part lorsque les portions sont réparties entre les deux partenaires.
Et si, plutôt que de considérer l’un des partenaires comme le responsable du problème, vous en faisiez un problème à résoudre ensemble ? Telle est la recommandation de Ryan Howes. « Il mange vite ; ce n’est pas un crime. Il y a probablement une raison à cela, et vous abandonner n’est probablement pas son intention, explique-t-il. Si vous lui faites part de votre inquiétude et l’invitez à chercher une solution avec vous, vous avez de bonnes chances de résoudre le problème ensemble. »

