La Chine réalise l’impossible : elle crée une batterie au lithium innovante capable de maintenir son autonomie, même à −50 °C
Une équipe de chercheurs chinois a développé une batterie au lithium révolutionnaire, capable de fonctionner à des températures extrêmes, allant jusqu’à −70 °C. Cette avancée pourrait transformer le secteur des véhicules électriques, souvent confrontés à des problèmes d’autonomie en hiver.
Pourquoi le froid affecte les batteries
Les batteries lithium-ion traditionnelles souffrent d’une perte d’autonomie significative par temps froid. Lors d’une baisse de température, l’autonomie peut diminuer de 20 à 40 %, en raison de la chimie interne des batteries. L’électrolyte, qui permet la circulation des ions lithium, utilise des solvants à base d’oxygène, ce qui rend leur mouvement difficile lorsque les températures chutent. Cela entraîne un ralentissement du courant et une baisse des performances.
Le pari du fluor : une rupture de fond
L’équipe de l’Université de Nankai a innové en remplaçant les solvants oxygénés par du 1,3-difluoropropane. Ce changement affaiblit le lien entre le solvant et le lithium, facilitant la circulation des ions, même à des températures glaciales. En laboratoire, cette batterie atteint 707 wattheures par kilo à température ambiante, soit plus du double des meilleures batteries actuelles, et conserve environ 400 wattheures par kilo à −50 °C, tout en restant opérationnelle à −70 °C avec une efficacité de 98 %.
De l’exploit scientifique à la route : un long chemin
Malgré ces résultats prometteurs, la commercialisation de cette technologie reste incertaine. Les performances actuelles ont été mesurées sur de petites cellules de laboratoire, et la batterie ne supporte qu’environ 115 cycles de charge, alors que les véhicules en nécessitent plusieurs milliers. De plus, le solvant fluoré présente des problèmes de volatilité et de sécurité à des températures plus élevées, ce qui complique son utilisation. Bien que cette avancée soit significative, des défis de taille demeurent avant qu’elle ne soit intégrée dans des véhicules de série.
Cette recherche ouvre cependant des perspectives intéressantes pour des applications dans des environnements extrêmes, comme l’aérospatiale ou les missions polaires.
Source : Les Numériques

