La guerre au Moyen-Orient complique l’accès de l’Afrique au bitume
La guerre au Moyen-Orient a entraîné une hausse significative des prix du bitume, impactant directement le secteur des travaux publics en Afrique, où la production locale de bitume est rare.
À Madagascar, par exemple, le bitume est principalement importé du Golfe, notamment du port de Jebel Ali à Dubaï, par le détroit d’Ormuz. Richard Ferrazi, directeur de l’entreprise de BTP Colas, souligne que « sans bitume, on ne peut pas faire de goudron ». Ce changement d’approvisionnement a causé des retards considérables. « Nous avons perdu plus de deux mois sur certains chantiers », indique-t-il. En conséquence, le prix du bitume a augmenté de 40 à 50 % dans le pays.
En Guinée, la tonne de bitume a connu une augmentation d’environ 200 dollars en trois mois, soit plus de 20 %. Mory Diaka Kaba, directeur adjoint de la société Guiter, explique que certains contrats ont pu être renégociés pour ajuster les coûts, mais d’autres les obligent à réduire leurs marges, entraînant des pertes financières.
Au Cameroun, le Code des marchés permet la révision des prix. Stéphane Edouma, directeur adjoint de MAG, envisage de déposer un dossier de révision pour couvrir les coûts accrus, tout en assurant qu’il a réussi à maintenir ses engagements sans arrêter de chantiers.
La hausse des prix du bitume s’accompagne également d’une augmentation des coûts du carburant, rendant la situation encore plus difficile pour les acteurs du BTP, qui doivent gérer des charges supplémentaires dans un contexte déjà tendu.
Source : RFI
