Piratage du fisc : une note du Sénat détaille la méthode des hackers pour siphonner les données personnelles
Les pirates informatiques ont réussi à accéder aux systèmes d’information de la Direction générale des finances publiques (DGFiP), dérobant des informations sur 600 000 particuliers et professionnels. Une note révélée par le président de la commission des finances du Sénat, Claude Raynal, et son rapporteur général, Jean-François Husson, met en lumière les insuffisances en matière de cybersécurité au sein de l’administration.
Les sénateurs rapportent que la première attaque a eu lieu en deux phases, entre le 23 et le 25 juin, puis du 21 au 23 juillet. L’assaillant aurait utilisé les identifiants d’un agent de l’Éducation nationale pour accéder au réseau interministériel de l’État (RIE). Une fois à l’intérieur, il a exploité des identifiants d’agents de la DGFiP, probablement dérobés par des logiciels malveillants appelés « infostealers ».
Grâce à ces accès, le hacker a pu se connecter à un portail d’applications de la DGFiP, accédant à l’application « e-contact » et dérobant des informations sur environ 350 000 particuliers et 250 000 professionnels. Une seconde fuite, survenue entre le 27 juillet et le 8 août, a permis au pirate d’accéder aux données cadastrales de 434 564 foyers, en compromettant le compte d’un géomètre-expert habilité.
Les sénateurs soulignent des « fragilités structurelles » dans la sécurité des systèmes d’information de la DGFiP, notamment en ce qui concerne la sécurisation des accès et la détection des usages anormaux. Bien que les comptes compromis aient été supprimés, les extractions de données n’ont pas été détectées.
En réponse à ces incidents, la directrice générale des finances publiques, Amélie Verdier, a assuré que des mes avaient été prises, incluant la fermeture de certains accès et l’interdiction d’utiliser des ordinateurs personnels pour se connecter aux outils de la DGFiP. Le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, a également annoncé l’extension de la double authentification et un renforcement des dispositifs de détection des consultations anormales de données.
L’enquête est toujours en cours, et un suspect de 18 ans a été mis en examen.
Source : Franceinfo

