Le niveau de la mer va encore s’accélérer : des scientifiques découvrent que Giens était une île et pourrait le redevenir
Avant d’être rattachée au continent, Giens, dans le Var, était une île. À l’initiative du CNRS, des études ont été menées pour dater et comprendre sa formation unique. Une merveille géologique rare et menacée par le dérèglement climatique et l’érosion.
C’est un phénomène géologique rarissime, il n’en existe que cinq au monde. Le double tombolo de la presqu’île de Giens, dans le Var, est un patrimoine naturel précieux pour le territoire. Un tombolo est un cordon littoral reliant deux étendues de terre émergée. Il est très rare d’en trouver deux au même endroit comme c’est le cas à Giens, où la presqu’île est reliée au continent par La Capte à l’est et l’Almanarre à l’ouest.
Pour comprendre la formation si particulière de Giens, un groupe de scientifiques du CNRS a mené une série de carottages en 2020. Après cinq ans d’études des couches sédimentaires, la conclusion est sans appel : avant d’être une presqu’île, Giens était complètement isolé du continent, une véritable île.
Jean-Philippe Goiran, chercheur au CNRS en géoarchéologie à l’université Lyon 2, explique : « Il y a un bras de mer qui va contourner les deux collines de Giens et alors, Giens devient une île. Ensuite, les tombolos se mettent en place grâce à des sables apportés par les fleuves. »
Malgré cette découverte, les scientifiques doivent encore répondre à de nombreuses questions. Selon Claude Vella, chercheur en géographie physique à l’université d’Aix-Marseille, le tombolo de l’Almanarre pourrait disparaître dans moins de 80 ans. Il souligne que, « vu que nous n’arrivons pas à diminuer nos pollutions et l’effet de serre anthropique, le niveau de la mer va encore s’accélérer. »
La protection du tombolo ouest et de sa route du sel reste un sujet épineux. Des études complémentaires ont démarré, et la mairie d’Hyères, la métropole et les services de l’État suivent ces travaux de près. Ils prévoient de lancer une série de concertations avec la population et les scientifiques.
Source : France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur

