« Guillaume Lepers dénonce l’acceptation de la crise des urgences dans les hôpitaux »

« S’habituer, c’est cautionner » : le coup de gueule de Guillaume Lepers face à la crise des urgences

S’habituer, c’est cautionner : le coup de gueule de Guillaume Lepers face à la crise des urgences

Après les difficultés rencontrées par les urgences de Villeneuve-sur-Lot, Marmande et Agen, Guillaume Lepers, président des maires de Lot-et-Garonne, refuse d’accepter les fermetures temporaires comme une norme. Il réclame une audience à la ministre de la Santé et envisage une action juridique.

La situation des urgences est devenue préoccupante. Des fermetures nocturnes sont désormais courantes, et Guillaume Lepers, maire de Villeneuve-sur-Lot, s’insurge contre cette réalité. Il compare la situation à celle d’une grenouille dans de l’eau chaude, qui ne réalise pas le danger jusqu’à ce qu’il soit trop tard.

Lepers souligne qu’il ne tient pas les responsables locaux pour responsables, reconnaissant leurs efforts. Sa colère se tourne vers un système national qui privilégie des solutions temporaires. « On bricole. On est dans du bricolage permanent », déclare-t-il.

En tant que président du conseil de surveillance de l’hôpital de Villeneuve-sur-Lot, Lepers refuse de cautionner cette dégradation des services de santé. Il avertit que la répétition des fermetures pourrait mener à une détérioration progressive des services publics essentiels, « mais cette fois, on parle de la vie des gens. »

La crise, selon lui, n’est plus un problème isolé. Elle touche l’ensemble du Lot-et-Garonne, avec environ 85 passages quotidiens à Villeneuve-sur-Lot et environ 100 à Agen. Lepers, à la tête de 319 maires, souhaite une mobilisation collective, se remémorant la mobilisation rapide pour défendre la maternité de Villeneuve-sur-Lot.

Sa première action sera de demander une rencontre avec la ministre de la Santé, accompagné de plusieurs maires, pour présenter des propositions visant à améliorer les conditions de santé dans le département. Il plaide pour une plus grande flexibilité dans la rémunération des médecins dans les zones moins attractives.

Lepers met également en lumière la répartition inégale des docteurs juniors hospitaliers, notant qu’aucun n’a été affecté en Lot-et-Garonne, alors que d’autres départements en ont reçu plusieurs. Il considère les hôpitaux comme « le dernier phare » lorsque la médecine de ville ne peut plus répondre aux besoins, et leur affaiblissement menace l’attractivité du département.

Enfin, si la rencontre avec la ministre ne donne pas de résultats, Lepers est prêt à envisager des actions juridiques, soulignant une inégalité entre les territoires. « La République, ce n’est pas ça. J’attaquerai juridiquement s’il le faut », conclut-il.

Source : La Dépêche

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