À droite toute !
Nos démocraties n’ont jamais été aussi à droite. La récente victoire de l’Alternative für Deutschland (AfD) en Saxe-Anhalt illustre ce phénomène. Ce parti, qui a connu une radicalisation croissante, propose désormais de limiter l’enseignement de la période du IIIe Reich afin de ne plus alimenter un « complexe de culpabilité » permanent. Cette position rappelle le « point de détail » révisionniste de Jean-Marie Le Pen, évoqué il y a près de 30 ans.
L’AfD avance cependant à contre-courant de nombreux partis de droite en Europe, qui cherchent à gagner en respectabilité. En France, Marine Le Pen a écarté son père et l’antisémitisme, rebaptisé son parti, tout en maintenant la lutte contre l’immigration et l’insécurité comme axes majeurs. Elle a également intégré un volet social dans son discours, tout en adaptant sa position sur l’euro et la Russie en réponse à des événements récents, comme la guerre en Ukraine.
En Italie, le parti Fratelli d’Italia, issu du MSI créé par des nostalgiques de Mussolini, a pris le pouvoir il y a quatre ans dans une coalition de centre-droit. Giorgia Meloni y mène une politique libérale en économie tout en soutenant l’Ukraine. Elle a également délivré plusieurs centaines de milliers de permis de travail à des migrants, en réponse à un besoin urgent de main-d’œuvre. Ce recentrage a permis l’émergence d’une nouvelle formation d’extrême droite, Futuro Nazionale, dirigée par Roberto Vannacci, qui prône des idées telles que la « remigration ».
Cette tendance vers la droite se manifeste également en France, où des responsables de gauche et du centre adoptent des positions plus fermes sur des sujets tels que l’immigration. François Hollande a ainsi proposé un renforcement des mes migratoires, tandis que Gabriel Attal a suscité des critiques en s’éloignant des valeurs traditionnelles du centre. Chez Les Républicains, Bruno Retailleau affiche une droite décomplexée.
Ces évolutions suffiront-elles à reconquérir les citoyens qui se détournent des élus en place, leur reprochant de ne pas les avoir protégés d’un déclassement dû à la mondialisation et d’une perte d’identité liée à l’immigration croissante ?
Source : Nice Matin.

