Secouristes français reviennent du Népal après une mission humanitaire difficile

Détresse et résilience : le retour des secouristes français du Népal

De retour du Népal après une catastrophe meurtrière, quatre secouristes de l’association Solife, basée dans la Vienne, racontent leur mission pour fournir de l’eau potable aux survivants. Marqués par la détresse mais aussi par la résilience des habitants, ils se sont promis de revenir aider.

Dimanche 13 septembre, après une semaine au Népal à porter secours aux survivants d’une vague de boue dévastatrice, les quatre secouristes vont reprendre la route vers la France. Florent Papin, l’un d’eux, témoigne depuis Katmandou : « Cela nous a marqués. »

« Ce n’est jamais facile de voir la détresse des gens qui ont tout perdu. De notre côté, nous allons rentrer chez nous. Quand nous ouvrirons le robinet, il y aura de l’eau potable. S’il fait froid, nous allumerons le chauffage. Eux vont dormir dans des camps les uns contre les autres. »

Les secouristes, majoritairement pompiers professionnels, ont accompli leur mission, voire plus. Ils sont partis avec deux machines de potabilisation d’eau et se sont rendus dans la ville particulièrement sinistrée de Bidur, située à soixante kilomètres en aval de l’endroit où la montagne s’est effondrée. « Malgré cette distance, les ravages étaient impressionnants », souligne Florent Papin. Le 26 août, un pan de montagne surmonté de glace s’est détaché de l’Himalaya, provoquant une gigantesque vague de boue. Le bilan fait état de plus de 1 400 morts et de 5 000 disparus.

En coopération avec les autorités locales, les secouristes ont visité les campements accueillant les réfugiés. Certains avaient accès à de l’eau potable, mais là où elle manquait, ils ont mis en route leur machine de filtration. Des grandes ONG étaient également présentes, possédant des moyens plus importants pour potabiliser l’eau. Les secouristes ont été envoyés à la source qui fournit la ville, où une bactérie avait été détectée. En trois jours, ils ont potabilisé 5 730 litres d’eau.

Il a d’abord fallu convaincre les habitants de la sécurité de leur intervention. « La première fois que nous sommes arrivés avec les machines, les gens pensaient que nous y mettions des médicaments. Ils croyaient que cela allait les empoisonner », explique Florent Papin. Une simple démonstration de filtration a suffi à gagner leur confiance.

Les bénévoles ont également visité un petit village nommé Chaughada, où ils ont rencontré un directeur d’école confronté à des coupures d’électricité empêchant l’alimentation en eau potable. Avec l’aide de l’association Ta’Mat, qui a financé leur déplacement, ils ont lancé un projet pour aider à la rénovation d’un internat destiné aux élèves déscolarisés.

À quelques heures de leur vol de retour, les secouristes sont marqués par la résilience des habitants. « Quand nous arrivions pour produire de l’eau potable, les enfants qui ont vécu cette catastrophe nous accueillaient avec le sourire et voulaient jouer avec nous », s’émeut Florent Papin.

Les quatre secouristes s’apprêtent à reprendre leur quotidien, mais avec une promesse : « Nous y retournerons ! » L’association Solife, créée il y a un peu plus de trois ans, a déjà mené des missions aux Philippines et au Venezuela, prouvant ainsi son engagement face aux catastrophes.

Source : France 3 Régions

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