Nouvelles règles sur la revente de billets au Québec : un premier pas vers une régulation
Les nouvelles règles resserrant la revente de billets sont entrées en vigueur samedi au Québec, mais leur efficacité soulève des interrogations. Plusieurs acteurs du secteur expriment des doutes quant à leur capacité à véritablement encadrer le marché.
Trois lignes directrices visent à rendre la revente plus transparente. Désormais, les plateformes telles que Ticketmaster, Billets.ca, StubHub ou SeatGeek doivent clairement s’identifier et indiquer que le prix du billet pourrait être inférieur sur la billetterie officielle, en précisant laquelle. De plus, le prix initial du billet et tous les frais supplémentaires doivent être affichés avant le processus de paiement. Le nom du dernier propriétaire du billet doit également être vérifié pour éviter les fraudes. Si un revendeur souhaite vendre un billet à un prix supérieur, il doit obtenir une autorisation écrite du producteur ou du diffuseur.
Jean-François Renaud, PDG de Concertium et président de l’ADISQ, considère ces mes comme un « bon pas dans la bonne direction » pour réguler ce qu’il décrit comme le « far west » de la revente de billets. Il souligne que le législateur cherche à protéger les fans, qui peuvent parfois se sentir trompés par des prix inégaux entre les plateformes de revente et les billetteries officielles.
Cependant, certains experts, comme François Colbert de HEC Montréal, estiment que la loi ne va pas assez loin. En comparaison avec l’Ontario, qui interdit la réalisation de profits sur la revente, les nouvelles règles québécoises manquent de mordant, notamment en ce qui concerne la demande d’autorisation entre revendeur et producteur. Colbert souligne que cette situation pourrait permettre à des entreprises comme Live Nation, qui détient Ticketmaster et est également producteur de spectacles, de se donner elles-mêmes les autorisations nécessaires pour augmenter les prix.
L’élément déclencheur de cette réforme législative a été la revente de billets pour un hommage national à Karl Tremblay, où des laissez-passer avaient été affichés à des prix exorbitants sur des sites de revente. Cette situation a suscité des actions collectives contre plusieurs plateformes, dont Ticketmaster, accusée de frais de service excessifs, et Billets.ca, qui a plaidé coupable d’avoir revendu des billets sans autorisation.
Avec ces nouvelles mes, le Québec espère mieux encadrer un marché en pleine expansion, mais les opinions divergent sur leur capacité à protéger les consommateurs et à réguler efficacement la revente de billets.
Source : Radio-Canada
